Actualité

Jeudi 8 janvier 2009
Par Magali Braconnot
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Samedi 3 janvier 2009

 

 

                           Communiqué de presse

 

                    

Les Alternatifs condamnent l'offensive criminelle d'Israël contre la bande de Gaza


 À nouveau mais avec une violence inégalée Israël, à l'approche de ses élections législatives s'est déchaîné contre le peuple palestinien. La longue passation du pouvoir aux États-Unis, la complicité tacite de l'Union européenne qui a renforcé ses relations avec Israël en décembre sous la présidence de Nicolas Sarkozy aux positions nettement pro-israéliennes n'ont pu qu'encourager ces attaques. Depuis
 maintenant des années, la bande de Gaza subit un siège criminel qui viole délibérément toutes les lois internationales : un million et demi de civils sont prisonniers de l’armée israélienne et privés de tout : de nourriture, de carburant, d’électricité, de médicaments, de matériel scolaire … L’aéroport et le port ont été détruits avant même d’avoir jamais pu fonctionner. Il est interdit de pêcher.
La population subit une « punition » collective impitoyable pour continuer à résister.
La communauté internationale laisse faire, voire encourage  ce siège.

Tout peuple assiégé a le droit de résister à l’oppression.

Il n’y aura pas de sécurité pour les Israéliens sans sécurité pour la population de Gaza.

 Les Alternatifs demandent à la France d'intervenir :
 1) auprès du gouvernement israélien pour qu’il mette fin immédiatement à l'opération « plomb durci » et au blocus meurtrier contre la bande de Gaza.
 2) auprès de l'Union européenne pour que soit mise en oeuvre la suspension des accords UE / Israël, conformément à l’article 2 des dits accords, tant que l'État d'Israël se rendra coupable de violations du
 droit international.
 3) au Conseil de sécurité de l'ONU pour que l'État d'Israël soit condamné pour ce qu'il inflige aux Gazaouis et sanctionné jusqu'à l'ouverture de véritables négociations de paix sous l'égide du droit
 et de la justice.
 4) auprès de l'UE et de l'ONU pour l’envoi d'urgence d’une force d’interposition et de protection de la population civile palestinienne, sous contrôle des Nations unies.


Les ALTERNATIFS

solidarités - écologie - féminisme – autogestion

40 rue de Malte 75011 Paris

tel :  01-43-57-44-80 - fax : 01-43-57-64-50

www.alternatifs.org



 Ils appellent à participer  aux manifestations organisées  par le Collectif National pour une Paix Juste et Durable  entre Palestiniens et Israéliens
Par Magali Braconnot
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Samedi 3 janvier 2009



Selon la jolie formule de ma copine Maryl :

 


Je vous souhaite une année 2009

riche en GRANDES belles choses et de petits riens délicieux !

 

 

 

Et pour le dire en couleur :


En Provençal : bòna annada
En Provençal rhodanien : bono annado

En Alsacien : e glëckliches nëies OU güets nëies johr
En Basque : urte berri on
En Breton : bloavezh mat OU bloavez mad
En Corse : pace e salute
En Francique Lorrain : Proscht nei Johr OU Beschte Wìnsch fer's neije Johr
En Languedocien : bona annada

En Créole ANTILLAIS : bon lanné

En Créole GUADELOUPÉEN : bonne année
En Créole GUYANAIS : bon nannen OU bon lannen
En Créole HAITIEN : bònn ané
En Créole MARTINIQUAIS : bon lanné OU bonanné
En Créole RÉUNIONNAIS : bone-érèz ané
Par Magali Braconnot
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Samedi 3 janvier 2009
Un article de Bruno Riondet, Les Alternatifs 86, merci à lui !

Dakar 2009,

l’indécence s’exporte en Amérique du Sud


Une fois encore, le rallye Paris-Dakar va rivaliser de gaspillage et de spectacle médiatisé pour ce qui n’est rien d’autre qu’un jouet de gosse de riches.

Après avoir bien sali l’Afrique, ces « mad max » de bazar s’en vont à la conquête du Nouveau Monde plus de 5 siècles après Christophe Collomb.

 

Alors que les regards se tournent vers les exclus, les sans papiers, les SDF, les personnes qui bouclent difficilement leur fin de mois, les ouvrierEs licenciéEs, pendant que montent de toutes parts les périls écologiques, l’indécence prend une tournure particulièrement scandaleuse et insupportable.

 

Alors que les preuves de perturbations climatiques liées au développement de l’économie libérale – qui n’est rien d’autre qu’une économie de prédation, contre les Humains et contre la nature - , le rallye offre l’image d’un gaspillage de ressources énergétiques, dans le seul but de relier le plus vite possible deux points entre lesquels il faudrait plutôt du respect et de l’admiration pour les Humains qui y vivent.

 

L’autre volet de l’indécence tient à la mise en relation de cette soi-disant « compétition sportive » ( ?) avec les campagnes sur la prévention routière.

Comment expliquer aux jeunes (et moins jeunes !) conducteurs que la route nécessite une vitesse modérée, si on leur montre avec envie et grandiloquence qu’ailleurs (sous-entendu : chez les autres, les Africains ou les sud-américains, les pauvres de la planète) on peut faire ce qu’on veut. Laisser une épave au bord de la route. Traverser des villages tout moteur vrombissant.

 

Nous sommes tristes de l’ « humanité » que nous donnons à voir, au reste du monde, à l’occasion de cet ahurissant jeux de gladiateurs de temps qui se voudraient modernes.

Et qui ne sont finalement qu’une triste « régression sociale et humaine ».

 

Par Magali Braconnot
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Jeudi 4 décembre 2008
Un article du Monde suivi d'une réaction pertinente de Gérard Filoche (inspecteur du travail).


 
Prud'homales : la CGT et SUD progressent, la CFDT et FO reculent
LEMONDE.FR avec AFP | 04.12.08 | 04h34  • 


Le taux de participation aux élections prud'homales de mercredi 3 décembre s'est établi à 25,5 % dans le collège "salariés", soit une abstention record de 74,5 %, selon les résultats définitifs publiés jeudi 4 décembre au petit matin par le ministère du travail.

La CGT a renforcé sa première place parmi les organisations syndicales, en progressant de 1,6 point à 33,8 %, aux dépens de la CFDT, en baisse de trois points à 22,1 %, et de FO, en recul de 2,3 points à 15,9 %.

La CFTC s'effrite (-0,7 point) à 8,9 %, tandis que la CFE-CGC progresse de 1,2 point, à 8,2 %, et ravit à la CFDT la première place chez les cadres avec 27,9 % des voix dans la section "encadrement". L'UNSA (syndicats autonomes), en cours de rapprochement avec la CFE-CGC, gagne 1,2 point, à 6,2 %, tandis que l'Union syndicale Solidaires, qui comprend les syndicats SUD, fait plus que doubler son score, passant de 1,5 % à 3,8 %. Les listes diverses représentent 1 %.

La participation, qui avait chuté de 63,2 % en 1979, premières élections prud'homales, à 32,7 % en 2002, a encore fortement reculé, à 25,5 %, atteignant son plus bas niveau en trente ans.

En revanche, elle a progressé dans le collège employeurs, à 31,5 %, contre 26,6 % en 2002. Les listes d'union – Medef, CGPME, FNSEA (agriculteurs), UPA (artisans), UNAPL (professions libérales) – reculent de près de 8 points tout en restant largement majoritaires, à 72,1 %, devant les employeurs de l'économie sociale, qui progressent de 7,7 points à 19 %, et les listes diverses (8,5 %).

Afin d'enrayer cette chute globale de la participation, le ministre du travail, Xavier Bertrand, a estimé, jeudi matin, qu'il fallait "faciliter et simplifier" les modalités de vote. Parmi les pistes de réflexion, M. Bertrand a notamment insisté sur la "piste très concrète" de la généralisation de l'installation des bureaux de vote dans les entreprises. Malgré l'abstention, "les résultats ont une vraie signification, car près de 5 millions de votants, ça compte", a-t-il souligné.


Réaction de Gérard Filoche (inspecteur du travail, socialiste de gauche)

Nette progression des syndicats combatifs
en dépit de l’abstention organisée par le pouvoir


Oui, le pouvoir a tout fait pour organiser l’abstention à ces élections prud’hommes.
Pas un seul débat télévisé dans les médias de service public, pas une seule explication de masse en direction des 19 millions d’électeurs concernés.
Des millions de salariés ne savaient ni le motif du vote, ni le lieu, ni comment voter.
Dans ces conditions qu’il y ait encore 4,7 millions de votants est un miracle extraordinaire et positif qui montre l’attachement remarquable d’un nombre considérable de salariés au syndicalisme français. Vive le syndicalisme ! Honneur et courage aux syndicalistes dans le privé, des héros qui résistent à la chasse aux sorcières généralisée et défendent les droits de 16 millions de salariés, le code du travail !

Il n’a pas été expliqué aux immigrés qu’ils avaient le droit de voter pour élire les juges de la république.
Il n’a pas été dit aux chômeurs qu’ils avaient le droit de voter.
Il n’a pas, été dit aux jeunes de 16 que des lors qu’ils avaient un contrat de travail ils avaient le droit de voter.
Il n’a pas été dit aux 8 millions de salariés des entreprises de moins de 50 salariés, soit 97 % des entreprises, qu’ils avaient le droit de quitter leur travail pour aller voter sans perte de salaire.
Les difficultés d’inscription sur les listes ont été aussi grandes que les fois précédentes.
Les lieux de vote sont demeurés des lieux aussi peu connus qu’avant.

Pire la presse de service public radio et télévision s’est comporté de façon à banaliser le vote et à encouragé l’abstention. Un vrai tam-tam pro abstention !

Ce fut le cas pour France inter, qui le matin même n’informe pas sur le vote mais sur le “probable taux d’abstention”. Toute la communication des plus grands médias était orientée sur l’abstention y compris les rares spots télévisés. Sans omettre Le Figaro qui, la veille, explique que le scrutin coûte 90 millions et qu’il vaut mieux le supprimer vu qu’il n’y a pas de participants ce qui est le point de vue explicite du Medef et de la droite.

D’ailleurs le Medef perd 8 points, la CFDT perd 3 points
tandis que la CGT gagne 1,5 points largement en tête, et Sud gagne 2,5 points...

Mais là encore, le 4 décembre, au matin, de façon scandaleuse, France inter parle fort peu d’un scrutin qui concerne pourtant 19 millions de personnes, le commente peu et mal, soulignant surtout l’abstention obtenue, se gardant de souligner les causes des progrès de la CGT et de Sud, et du très sec recul de la CFDT (du à la trahison de mai 2003 de François Chérèque signant la loi Fillon contre les retraites, la nuit, dans le dos du front syndical auquel il participait).
Le progrès, pour la première fois de la CGT depuis 1979 n’est pas souligné, on ne connaîtra ni les chiffres des conseillers prud’hommes élus, ni leur répartition, il n’y aura pas d’écho des sièges électoraux, c’est un pur mépris, un pur déni d’information.

Mais cela n’empêchera pas que le vote exprime déjà ce qui va subvenir dans la période qui vient : la combativité sociale s’accroît partout, des centaines d’entreprises sont l’objet de plans de licenciements iniques, injustifiés, effets d‘aubaine patronale du à la crise des banquiers et banqueroutiers. Le blocage de salaires est devenu insupportable alors que des centaines de milliards ont été accordés
aux tenants de l’économie casino pour qu’ils continuent à spéculer comme avant.

Les observateurs attentifs savent qu’un e explosion sociale est désormais possible.
Notons que des centaines de plans de licenciements sont en cours et aussi des centaines de grèves partout dans le pays...
Raymond Soubie, conseiller expérimenté en affaires sociales de Nicolas Sarkozy vient de déclarer qu’il n’a jamais en 40 ans d’expérience, voulu annoncer un quelconque "printemps chaud" ou "automne chaud", mais qu’aujourd’hui, ce n’est plus pareil, selon lui "tout est chaud"... Henri Guaino n’en a pas dit moins, en prétendant qu’une explosion est possible à tout moment...
Toutes les données sont là, ce pays ne supporte plus le féroce traitement antisocial qui lui est imposé par ce gouvernement de sauvages barbares intégristes, qui prônent la mort du code du travail, le travail le dimanche, les 45 heures payées 35, la retraite à 70 ans, les licenciements boursiers !

Gérard Filoche, jeudi 4 décembre  2008

Chiffres : 4,7 millions d’électeurs pour les syndicats !

La CGT reste à la  première place et, avec 33,8% des suffrages exprimés, voit, pour la  première fois depuis la création du scrutin en 1979, son score progresser  (+1,6 points).
La CFE-CGC récupère à la CFDT la première place dans la  section encadrement et sur tous les collèges est en hausse de 1,2 point  avec 8,2 % des voix.
De même pour l'Unsa (6,2 %) avec laquelle la  confédération de d'encadrement envisage de fusionner courant 2009.
Enfin,  l'Union syndicale Solidaires enregistre la plus forte hausse avec + 2,5  points et 3,8 % des suffrages, en particulier du fait d'un triplement du  nombre de ses candidats par rapport à 2002.
A l'inverse, la CFDT perd près  de 3 points à 22,1 %, FO 2,3 points à 15,9 % et la CFTC 0,7 point à  8.9 %.

Côté patronal, les employeurs de l'économie sociale (AEES)  confirment leur "percée" en recueillant 19 % des suffrages exprimés. L'UDE  (Union pour les droits des employeurs) qui réunit Medef, CGPME, UPA, FNSEA  et UNAPL reste en tête avec 72.1 % des suffrages mais baisse nettement par  rapport au scrutin précédent (80,12 %).

Autre enseignement du  scrutin, la participation baisse à nouveau, au niveau historiquement bas  de 25,66 % (32,35 % en 2002), malgré un élargissement des modalités de vote  avec la généralisation du vote par correspondance et l'expérimentation à  Paris du vote électronique.
Au total, 25,5 % des salariés et 31,25 %  des employeurs ont participé au vote, ce qui, de l'avis de nombreux observateurs de droite pro patronaux, pourrait leur permettre de mettre en question de l'avenir de ce scrutin sous sa forme actuelle.
Le nombre de votants est pourtant de 4,7 millions (contre  5 617 630 en 2002).

Par Magali Braconnot
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Jeudi 16 octobre 2008
C'est si bien dit que je n'ai rien à ajouter,
merci Mathieu !


Quel symbole !
Le choix du contre-feu médiatique initié par le gouvernement glace le sang !

Nous avons vu notre l’hyper-président faire de grands moulinets serrer plein de mains exploser son empreinte écologique et froncer les sourcils pour prévenir, avec agitation menaçante de l’index : « si ça continue, ça ne va pas continuer ». Puis, ô triomphe ! L’injection de milliards publics sur le marché pour sauver des boursicoteurs irresponsables par la création d’un fonds de garantie sous le contrôle des banques ! (gains privatisés, pertes nationalisées sous le contrôle du privé !). Avec quel résultat ! Une journée de prise d’intérêts massifs, quelques célébrations des capacités du super-président et l’annonce en fanfare de la naissance politique de l’Union Européenne. Et puis, badaboum, le capital ! les marchés reprennent à la baisse.

Le bilan sarkoziste allait difficilement rester triomphal.
Il fallait un contre-feu !
Le match France-Tunisie tombe à pic.
Alors, comme ça, la Marseillaise a été huée ? Quelle importance ?
Les crises se multiplient : crise climatique sur toute la planète, crises alimentaires, famine comme en Ethiopie, crise diplomatique comme dans le Caucase, crise militaire en Irak et en Afghanistan, crise économique, crise boursière : la planète craque.

Mais quelle importance, un match de foot commence mal.

Les banderoles racistes contre les ch’tis, haineuse, les débordements chauvins les plus bornés, les cris de guerre, c’est monnaie courante dans les stades. Il suffit de mettre les pieds une fois au parc des Princes pour entendre les « Marseille on t’encule », les cris de singes quand un joueur noir touche la balle et voir des saluts nazis.
Là, c’est la Marseillaise qui est huée.
Buffet avait raison, hier matin sur France Inter, de parler d’un geste imbécile mais qui devait interpeller sur le sentiment de mal-être des jeunes de banlieue (On peut même discuter de la dimension « imbécile » du geste. Je me souviens de drapeaux tricolores brûlés en fin de manif car « le drapeau tricolore, c’est celui des Versaillais ». Pourquoi pas, même si le nylon qui brûle sent bien mauvais…)
Enfin … La Marseillaise est huée.

Ouverture du 13h de France 2, de France 3 et de TF1 ; du 20h de France 2, de France 3, de TF1, de M6. Ouverture du journal du matin sur France Inter, sur France Info. Sans doute sur les autres radios aussi.10mn dans le 13h de France 2, 12 dans le 20h toujours de France 2, 7 minutes dans le 12/13 de France 3, plus de 6 dans le 19/20, Bachelot invitée du 20h de France 2, Fadela Amara dans le 13h toujours de France 2*.

Un tsunami médiatique.

Et la Droite monte au front. Et que la Patrie, ça se respecte. Et que, s’ils préfèrent aller vivre en Tunisie … Et qu’on ne va pas laisser faire.
Les dérapages (contrôlés) se multiplient. Ouvertement racistes.
Ça, c’est plus facile de parler patriotisme et mauvais immigrés, racaille de Banlieue et fermeté policière que fonds de pensions, spéculation folle, économie contre l’humain, intervention de l’Etat.
Et la pulsion nationale, elle ne se fait pas contre des spéculations apatrides, contre les délocalisations ou les migrations pour fuir les impôts.
Ce sont les jeunes de banlieue, les classes dangereuses.

Est-ce que le contre-feu marchera ? (Quand le démagogue tend le doigt, le Candide regarde la lune). Quoi qu’il en soit, nous voilà prévenu : si ce gouvernement se sent en danger (par exemple lors d’échéances électorales), les ressorts racistes et de guerre de classe nous sont promis.
À glacer le sang.

Mathieu Colloghan

*Décompte fait par G.Balbastre
Par Magali Braconnot
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Mardi 23 septembre 2008
Par Magali Braconnot
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Dimanche 6 avril 2008
Rouge & Vert, le journal des Alternatifs a interrogé José Bové sur son actualité militante (le soutien à l'USTKE et la lutte contre les OGM). Nous sommes aussi revenus sur la présidentielle et les suites de cette campagne.


 Rouge & Vert : Tu es très impliqué dans le soutien aux militants de l'USTKE victimes de répressions policières et judiciaires en. Peux-tu revenir sur cette lutte ?

 José Bové : Je parlerais plutôt de Kanaky que de Nouvelle-Calédonie, car c'est bien le cadre d'action de l'USTKE, le seul syndicat indépendantiste et aussi le premier syndicat en terme de représentativité, très loin devant les autres, avec une implantation très forte dans le publique comme dans le privé. L'USTKE, à partir de sa réflexion syndicale, a décidé de favoriser l'émergence d'un nouveau parti politique, le Parti Travailliste (créé au mois de novembre dernier). Ces militants avaient soutenu notre campagne présidentielle*, se sont présentés aux législatives et aux municipales. Ils ont arraché des élus dans la totalité des communes et ils ont gagné une commune dans le Nord. Entre le syndicat, acteur social incontournable, et son parti, réellement indépendantiste, et qui bouscule les indépendantistes «institutionnels», l'USTKE devient vraiment le syndicat à abattre à la fois pour le MEDEF local et pour l'Etat français

R & V : Quelle est l'origine du conflit actuel ?
JB : Un licenciement abusif chez Véolia.Un chauffeur ramène la caisse de son bus un matin parce qu'il n'y avait personne la veille dans les bureaux à qui la remettre. Il est accusé de vol et licencié. Il y a négociation. Un protocole d'accord est signé en janvier 2007. Il n'est toujours pas appliqué aujourd'hui. En Novembre, les camarades de son entreprise se mettent en grève, soutenus par l'USTKE, et installent des piquets de grève. La tension monte et en Janvier 2008, à l'aube, les gendarmes et le GIPS (forces de police cagoulées, flash-balls et compagnie) encerclent puis chargent les militants présents. Des violences policières absolument invraisemblables ! Des gens tabassés à terre, attachés les uns sur les autres et entassé par 20 dans les fourgons de police. 50 arrestations et 15 personnes jugées en comparutions immédiates pour « attroupement armé » parce qu'ils ont jeté des cailloux ! Comme ils refusent la comparution immédiate, ils sont emprisonnés un mois A la mi-février le procès à lieu. Ils sont libérés à l'audience. En effet, on ne peut pas juger en comparution immédiate pour attroupement, car l'attroupement, et c'est une information importante pour un journal militant, est le dernier délit politique du code pénal. Il date de 1848 et a été renforcé en 1934, après les affrontements de la place de la concorde avec les cagoulards. Les délits politiques imposent automatiquement une enquête, et donc interdisent la comparution immédiate. On a donc obtenu leur libération.

R & V : Au même moment, il y avait le siège de l'USTKE...

J B : L'Etat a voulu abattre le syndicat en interpellant ces leaders, notamment son président Gérard Jodar et plusieurs vice-présidents, le jour même de la descente sur les piquets de grève. Dans les jours qui ont suivi, ils ont arrêté d'autres leaders du syndicat chez eux, à six heures du matin, en fracassant les portes, en renversant tout. Les responsables du syndicat, eux, se sont enfermés au siège du syndicat, immédiatement assiégé par la police et défendu par les militants. Pendant un mois, ils sont restés enfermés au siège du syndicat, avec tout le quartier bouclé. Fouilles systématiques, quartier sous surveillance, hélicoptères en position stationnaire plusieurs heures par jour. . . Bref un état de siège. Et le premier jour où les copains sont sortis du siège du syndicat, ça a été pour le procès. Ça a été une vraie gifle pour la justice coloniale : ils ont dû en même temps libérer les 15 inculpés et les personnes qu'ils traquaient sont venus sous leur nez au tribunal (ils ne pouvaient pas arrêter des personnes citées comme témoin se rendant au tribunal). Plus de 1000 syndicalistes ont fait le siège du tribunal jusqu'à notre sortie, à 21h. Ce moment de mobilisation très fort a permis de faire durer le mouvement. Malgré la répression, le piquet de grève est toujours sur place, avec une solidarité extraordinaire puisque les gens se relaient par branches.

R & V : Et aujourd'hui?

JB : Des procès sont en cours. Il y a une véritable volonté de casser le mouvement. On ne s'attend à aucune clémence du tribunal. Il y a eu une nouvelle convocation des responsables de l'USTKE. Ils ont été libérés après 12h de garde-à-vue grâce au siège du commissariat central de Nouméa que nous avions organisé. Huit salariés de l'entreprise du patron du MEDEF local qui avaient participés au rassemblement de soutien le jour du procès ont été licenciés pour absence injustifiée. L'USTKE est allée manifester devant le siège du MEDEF et, après une heure de stationnement pacifique, ils ont subi une intervention du GIPN cagoulé et armé pour les déloger. Nouvel accrochage. Il y a un durcissement des positions. Nous avons organisé une manifestation rue Oudinot, devant le ministère des colonies**. Nous avons été reçus par un représentant du ministre. Ils se sont engagés à inciter Véolia à ouvrir le dialogue. Parce qu'il faut trouver un débouché. De toute façon, (et c'est un peu la spécificité de l'USTKE), ils ne lâchent pas tant qu'ils n'ont pas gagné. Par exemple, pendant le dernier conflit dur, l'USTKE avait totalement bloqué pendant plus de six mois la fabrication du ciment sur l'île. À la fin du conflit, ils ont produit eux-mêmes le ciment et ils l'ont vendu pour payer les grévistes. C'est un vrai syndicalisme de combat.

R & V : Véolia est surtout implanté en France. Y a-t-il une mobilisation syndicale en métropole?

JB : Il y a une manifestation devant le siège de Véolia organisée par la CGT et SUD ainsi qu'un tractage à l'intérieur de l'entreprise, réalisé par FO. S'il n'y a pas d'évolution positive, cette mobilisation devra s'amplifier. On envisage un évènement festif et politique à Paris pour mettre cette question en avant. Il y a une véritable omerta en métropole sur ce qui se passe en Kanaky.

R & V : Changeons de sujet : tu es toujours très impliqué dans la lutte contre les OGM. La aussi, il y a une actualité.

 JB : Apres la grève de la faim de Janvier qui a débouché sur l'annonce de l'activation de la close de sauvegarde, on a bataillé tout le mois de février sur le cadre d'application de la clause, et pour éviter qu'elle ne soit torpillée par le ministère de l'Agriculture. La clause de sauvegarde a été déposée de manière cohérente, ce qui est important. Il y a aussi eu un décret interdisant la culture et la vente de semences sur le territoire français. Ça a été immédiatement attaqué sans succès devant le Conseil d'état par la FNSEA, sa section spécialisée, l'association Générale des Producteurs de Maïs et tous les semenciers en France (Monsanto, Pioneer, Syngenta et Limagrain). L'enjeu était de taille : si Conseil d'état avait cassé l'interdiction, les transgéniculteurs auraient pu semer cette année. On a maintenant la garantie quasi-certaine qu'il n'y aura pas d'OGM commerciaux de manière publique en France. Il y aura bien quelques crapules pour essayer de tricher, mais on va les surveiller. R & V : C'est une victoire importante ? JB : Très, parce que la France, avec 3 millions d'hectares, est le premier producteur de maïs en Europe. Que la France rejoigne l'Allemagne, l'Italie, l'Autriche, la Hongrie, la Grèce, et j'en passe, voilà qui crée un sacré rapport de force au niveau européen ! Le phénomène d'entraînement pour les autres pays peut être très fort. Il y a actuellement une mobilisation dans ce sens-là en Roumanie et j'étais à une rencontre à côté de Bibao les 15 et 16 mars avec l'ensemble des mouvements paysans et écologistes de la péninsule Ibérique pour lancer un mouvement coordonné sur ces deux pays, pour demander l'application d'une clause de sauvegardes sur toute la péninsule Ibérique.

R & V : Il devrait aussi ne plus y avoir d'essais en plein champ.

JB : On sait que les firmes essaient toujours de mettre en place des essais pour tester de nouvelles variétés. On a mené la bagarre depuis le début sur ces essais, sur leur finalité non pas scientifique mais technique, en vue d'être inscrit au catalogue. Outre les raisons écologiques, c'est l'autre raison qui nous a poussé à mener la bataille : en empêchant ces essais, on empêche l'inscription de nouvelles variétés, et donc on attaque directement les firmes au porte-monnaie. C'est ce qui poussé Limagrain à arrêter tous leurs essais en Europe (ces deux dernières années, ils ont vu 70% de leurs essais détruits). Ils travailleront maintenant aux USA. Qu'ils partent donc, on ne les retiendra pas!

R & V : Et les pro-OGM?
JB : Aujourd'hui, on est confronté à l'esprit revanchard des pro-OGM qui se manifeste déjà au travers du débat qui a commencé au Sénat début mars sur la loi sur les OGM. Elle correspond à la directive européenne sur les OGM 2001-18, qui doit être traduit dans les droits nationaux de chaque pays depuis 2001! Elle passe à l'Assemblée Nationale les 1er et 2 avril, et repassera au Sénat fin avril. Alors que le Grenelle de l'environnement avait conclu qu'il fallait, outre la clause de sauvegarde et le moratoire, une loi sur la liberté de produire et consommer sans OGM. Or le lobby OGM, soutenu par la majorité UMP, a dénaturé au Sénat le contenu de la loi. C'est devenu une loi de dissémination et de coexistence, ce qui est très défavorable aux anti-OGM et en contradiction avec l'esprit du projet. Cela s'est conclu par un vote avec 30 voix d'écart, ce qui montre que même dans la majorité, il y a des gens qui sont très mal a l'aise. On va voir ce qui va se passer à l'Assemblée Nationale. Il est clair qu'on n'a pas fini cette bataille.

R & V : Encore un autre sujet : au moment de la présidentielle, tu as participé à l'ouverture d'une fenêtre politique pour un espace militant différent, à la foi altermondialiste, écolo, solidaire, féministe anti-raciste. Est-ce une parenthèse qui se referme dans ton parcours militant, ou y a-t-il pour toi un espace à faire perdurer et d'autres rendez-vous dans l'espace strictement politique ?

JB : Avec le recul, ça fait un an maintenant, je pense que ça a été une expérience très riche, très forte. Elle a mis beaucoup de gens en mouvement, plus même que je pouvais imaginer. On l'a revu d'ailleurs au moment des municipales : il y a beaucoup de gens qui s'étaient impliqués dans la présidentielle qu'on a retrouvée lors des municipales, dans des constructions ouvertes pour faire de la politique autrement. Des choses se sont passées qui à mon avis sont fortes. L'expérience des présidentielles a permis de montrer qu'il y avait un espace politique et qu'on était capable de relever le pari de présenter un candidat en dehors des logiques partidaires. Je n'ai pas été surpris du score dans ce contexte des logiques des gros partis, des logiques médiatiques, du temps court (on a fait une campagne de deux mois et demi alors que d'autres y étaient déjà depuis un an). On a ne pouvait s'attendre à un autre résultat en termes de voix. Cependant, on a touché et l'on a pu mobiliser des gens qui autrement ne se seraient jamais mobilisés. On a eu parmi nous beaucoup d'invisibles, et ces invisibles, on a pu les rendre visibles et leur donner la parole. Ça c'est important, c'est une chose qui s'inscrit dans la durée. Des gens qui n'étaient pas dans le débat politique se retrouvent aujourd'hui conseillers municipaux, en particulier dans certaines villes de banlieue. Il y a eu une prise de conscience qu'être dans les mouvements sociaux n'était pas forcément suffisant, qu'il y avait d'autres espaces possibles d'implication politique. Et ce phénomène n'a pas lieu que dans les grande villes. On trouve aussi en milieu rural, dans des départements où la présidentielle avait fait beaucoup bouger, des listes aux municipales qui ont fait des scores intéressants.

R & V : Et la suite ?

JB : Sur quoi ça peut déboucher aujourd'hui ? Je crois qu'il est nécessaire de continuer dans ce sens-là, dans cette logique d'ouverture, de débat, mais en même temps d'être vigilant sur ce qui se passe. On voit bien ce que la LCR veut faire, et qui n'apporte pas une véritable nouveauté, ni en termes de pratiques ni en termes de discours. J'aime bien Olivier Besancenot, mais son projet ne correspond pas à l'aspiration de ces nombreuses personnes qui veulent faire de la politique autrement, qui veulent que cette réalité citoyenne prenne le dessus. Nous sommes plutôt dans un processus lent (ça ne va pas se régler en quelques semaines ni quelques mois), mais qui porte en lui une vraie espérance. C'est quelque chose de long, parce que cela s'inscrit dans des réalités nationales et européennes, dans un contexte de bipolarisation. Les élections européennes sont, potentiellement, l'occasion de faire émerger, comme ça s'était fait en Midi-Pyrénées aux Régionales avec des listes ouvertes et pluralistes, un espace composé de l'éventail politique le plus large (pas en termes de consensus mou). Mais ça ne se fera pas un mois avant les Européennes. Il faudrait déjà y travailler aujourd'hui. D'autant que ceux qui auront créé de nouveaux partis voudront sans doute à cette occasion se compter.

Interview réalisée par MC

* Au premier tour de la présidentielle en Nouvelle-Calédonie, José Bové était arrivé en 4e position, derrière Sarkozy, Royal et Bayrou.
** Autrement appelé «secrétariat d'Etat chargé de l'outre-mer auprès du ministère de l'Intérieur, de l'outre-mer et des Collectivités Territoriales»
Par Magali Braconnot
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Vendredi 14 décembre 2007
Bientôt Noël et la fête du commerce...

Je ne suis pas contre les fêtes et les cadeaux !
Mais pour éviter de faire la fête et de s'offrir des cadeaux sur le dos des travailleurs exploités ou de participer à la ruine de la planète, il faut être un peu créatifs, en tous cas cohérents !

Alors bien sûr, il y a les livres. Quelques idées dans ma rubrique "Des livres" (à acheter dans une librairie bien sûr, pas en grande surface !!!)
Par Magali Braconnot
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Samedi 25 août 2007
Travailler-moins-vivre-mieux.jpg Dans la série "je ne suis pas dupe" !

C'est pas mieux comme slogan que la célèbre phrase idiote et mensongère de notre Naboléon national ?

Travailler plus : pour enrichir qui, pour quoi faire ?
Pour gagner plus : comment y croire ? Et pour quoi faire, une fois de plus ?!

Je suis comédienne, chanteuse, intermittente du spectacle. Je vis mon métier avec passion, je ne compte pas les heures et suis rarement payée en fonction de mes compétences et du travail fourni.
Expliquez-moi monsieur Sarkozy comment je pourrais travailler plus pour gagner plus ?!!! Un tour de magie ? Comme dans le spectacle ?

Je ne suis sans doute pas concernée, pas la bonne catégorie...peut-être ne suis-je pas encore assez précaire ? Pas d'inquiétude, avec la signature du protocole 2006 concernant les intermittents plus un congé de maternité, je suis en bonne voie d'exclusion du système.
Alors j'en suis sûre, Nicolas Sarkozy aura un bonne mesure pour moi, il l'a promis !!!

Magali Braconnot.
(Avec mes excuses pour l'auteur de ce dessin, ne sachant pas qui c'est, je l'utilise sans autorisation. Mais suis prête à réparer si l'auteur se dévoile !)

Par Magali Braconnot
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Bonjour et bienvenue!















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