Dimanche 6 avril 2008
Rouge & Vert, le journal des Alternatifs a interrogé José Bové sur son actualité militante (le soutien à l'USTKE et la lutte contre les OGM). Nous sommes aussi revenus sur la présidentielle et les suites de cette campagne.


 Rouge & Vert : Tu es très impliqué dans le soutien aux militants de l'USTKE victimes de répressions policières et judiciaires en. Peux-tu revenir sur cette lutte ?

 José Bové : Je parlerais plutôt de Kanaky que de Nouvelle-Calédonie, car c'est bien le cadre d'action de l'USTKE, le seul syndicat indépendantiste et aussi le premier syndicat en terme de représentativité, très loin devant les autres, avec une implantation très forte dans le publique comme dans le privé. L'USTKE, à partir de sa réflexion syndicale, a décidé de favoriser l'émergence d'un nouveau parti politique, le Parti Travailliste (créé au mois de novembre dernier). Ces militants avaient soutenu notre campagne présidentielle*, se sont présentés aux législatives et aux municipales. Ils ont arraché des élus dans la totalité des communes et ils ont gagné une commune dans le Nord. Entre le syndicat, acteur social incontournable, et son parti, réellement indépendantiste, et qui bouscule les indépendantistes «institutionnels», l'USTKE devient vraiment le syndicat à abattre à la fois pour le MEDEF local et pour l'Etat français

R & V : Quelle est l'origine du conflit actuel ?
JB : Un licenciement abusif chez Véolia.Un chauffeur ramène la caisse de son bus un matin parce qu'il n'y avait personne la veille dans les bureaux à qui la remettre. Il est accusé de vol et licencié. Il y a négociation. Un protocole d'accord est signé en janvier 2007. Il n'est toujours pas appliqué aujourd'hui. En Novembre, les camarades de son entreprise se mettent en grève, soutenus par l'USTKE, et installent des piquets de grève. La tension monte et en Janvier 2008, à l'aube, les gendarmes et le GIPS (forces de police cagoulées, flash-balls et compagnie) encerclent puis chargent les militants présents. Des violences policières absolument invraisemblables ! Des gens tabassés à terre, attachés les uns sur les autres et entassé par 20 dans les fourgons de police. 50 arrestations et 15 personnes jugées en comparutions immédiates pour « attroupement armé » parce qu'ils ont jeté des cailloux ! Comme ils refusent la comparution immédiate, ils sont emprisonnés un mois A la mi-février le procès à lieu. Ils sont libérés à l'audience. En effet, on ne peut pas juger en comparution immédiate pour attroupement, car l'attroupement, et c'est une information importante pour un journal militant, est le dernier délit politique du code pénal. Il date de 1848 et a été renforcé en 1934, après les affrontements de la place de la concorde avec les cagoulards. Les délits politiques imposent automatiquement une enquête, et donc interdisent la comparution immédiate. On a donc obtenu leur libération.

R & V : Au même moment, il y avait le siège de l'USTKE...

J B : L'Etat a voulu abattre le syndicat en interpellant ces leaders, notamment son président Gérard Jodar et plusieurs vice-présidents, le jour même de la descente sur les piquets de grève. Dans les jours qui ont suivi, ils ont arrêté d'autres leaders du syndicat chez eux, à six heures du matin, en fracassant les portes, en renversant tout. Les responsables du syndicat, eux, se sont enfermés au siège du syndicat, immédiatement assiégé par la police et défendu par les militants. Pendant un mois, ils sont restés enfermés au siège du syndicat, avec tout le quartier bouclé. Fouilles systématiques, quartier sous surveillance, hélicoptères en position stationnaire plusieurs heures par jour. . . Bref un état de siège. Et le premier jour où les copains sont sortis du siège du syndicat, ça a été pour le procès. Ça a été une vraie gifle pour la justice coloniale : ils ont dû en même temps libérer les 15 inculpés et les personnes qu'ils traquaient sont venus sous leur nez au tribunal (ils ne pouvaient pas arrêter des personnes citées comme témoin se rendant au tribunal). Plus de 1000 syndicalistes ont fait le siège du tribunal jusqu'à notre sortie, à 21h. Ce moment de mobilisation très fort a permis de faire durer le mouvement. Malgré la répression, le piquet de grève est toujours sur place, avec une solidarité extraordinaire puisque les gens se relaient par branches.

R & V : Et aujourd'hui?

JB : Des procès sont en cours. Il y a une véritable volonté de casser le mouvement. On ne s'attend à aucune clémence du tribunal. Il y a eu une nouvelle convocation des responsables de l'USTKE. Ils ont été libérés après 12h de garde-à-vue grâce au siège du commissariat central de Nouméa que nous avions organisé. Huit salariés de l'entreprise du patron du MEDEF local qui avaient participés au rassemblement de soutien le jour du procès ont été licenciés pour absence injustifiée. L'USTKE est allée manifester devant le siège du MEDEF et, après une heure de stationnement pacifique, ils ont subi une intervention du GIPN cagoulé et armé pour les déloger. Nouvel accrochage. Il y a un durcissement des positions. Nous avons organisé une manifestation rue Oudinot, devant le ministère des colonies**. Nous avons été reçus par un représentant du ministre. Ils se sont engagés à inciter Véolia à ouvrir le dialogue. Parce qu'il faut trouver un débouché. De toute façon, (et c'est un peu la spécificité de l'USTKE), ils ne lâchent pas tant qu'ils n'ont pas gagné. Par exemple, pendant le dernier conflit dur, l'USTKE avait totalement bloqué pendant plus de six mois la fabrication du ciment sur l'île. À la fin du conflit, ils ont produit eux-mêmes le ciment et ils l'ont vendu pour payer les grévistes. C'est un vrai syndicalisme de combat.

R & V : Véolia est surtout implanté en France. Y a-t-il une mobilisation syndicale en métropole?

JB : Il y a une manifestation devant le siège de Véolia organisée par la CGT et SUD ainsi qu'un tractage à l'intérieur de l'entreprise, réalisé par FO. S'il n'y a pas d'évolution positive, cette mobilisation devra s'amplifier. On envisage un évènement festif et politique à Paris pour mettre cette question en avant. Il y a une véritable omerta en métropole sur ce qui se passe en Kanaky.

R & V : Changeons de sujet : tu es toujours très impliqué dans la lutte contre les OGM. La aussi, il y a une actualité.

 JB : Apres la grève de la faim de Janvier qui a débouché sur l'annonce de l'activation de la close de sauvegarde, on a bataillé tout le mois de février sur le cadre d'application de la clause, et pour éviter qu'elle ne soit torpillée par le ministère de l'Agriculture. La clause de sauvegarde a été déposée de manière cohérente, ce qui est important. Il y a aussi eu un décret interdisant la culture et la vente de semences sur le territoire français. Ça a été immédiatement attaqué sans succès devant le Conseil d'état par la FNSEA, sa section spécialisée, l'association Générale des Producteurs de Maïs et tous les semenciers en France (Monsanto, Pioneer, Syngenta et Limagrain). L'enjeu était de taille : si Conseil d'état avait cassé l'interdiction, les transgéniculteurs auraient pu semer cette année. On a maintenant la garantie quasi-certaine qu'il n'y aura pas d'OGM commerciaux de manière publique en France. Il y aura bien quelques crapules pour essayer de tricher, mais on va les surveiller. R & V : C'est une victoire importante ? JB : Très, parce que la France, avec 3 millions d'hectares, est le premier producteur de maïs en Europe. Que la France rejoigne l'Allemagne, l'Italie, l'Autriche, la Hongrie, la Grèce, et j'en passe, voilà qui crée un sacré rapport de force au niveau européen ! Le phénomène d'entraînement pour les autres pays peut être très fort. Il y a actuellement une mobilisation dans ce sens-là en Roumanie et j'étais à une rencontre à côté de Bibao les 15 et 16 mars avec l'ensemble des mouvements paysans et écologistes de la péninsule Ibérique pour lancer un mouvement coordonné sur ces deux pays, pour demander l'application d'une clause de sauvegardes sur toute la péninsule Ibérique.

R & V : Il devrait aussi ne plus y avoir d'essais en plein champ.

JB : On sait que les firmes essaient toujours de mettre en place des essais pour tester de nouvelles variétés. On a mené la bagarre depuis le début sur ces essais, sur leur finalité non pas scientifique mais technique, en vue d'être inscrit au catalogue. Outre les raisons écologiques, c'est l'autre raison qui nous a poussé à mener la bataille : en empêchant ces essais, on empêche l'inscription de nouvelles variétés, et donc on attaque directement les firmes au porte-monnaie. C'est ce qui poussé Limagrain à arrêter tous leurs essais en Europe (ces deux dernières années, ils ont vu 70% de leurs essais détruits). Ils travailleront maintenant aux USA. Qu'ils partent donc, on ne les retiendra pas!

R & V : Et les pro-OGM?
JB : Aujourd'hui, on est confronté à l'esprit revanchard des pro-OGM qui se manifeste déjà au travers du débat qui a commencé au Sénat début mars sur la loi sur les OGM. Elle correspond à la directive européenne sur les OGM 2001-18, qui doit être traduit dans les droits nationaux de chaque pays depuis 2001! Elle passe à l'Assemblée Nationale les 1er et 2 avril, et repassera au Sénat fin avril. Alors que le Grenelle de l'environnement avait conclu qu'il fallait, outre la clause de sauvegarde et le moratoire, une loi sur la liberté de produire et consommer sans OGM. Or le lobby OGM, soutenu par la majorité UMP, a dénaturé au Sénat le contenu de la loi. C'est devenu une loi de dissémination et de coexistence, ce qui est très défavorable aux anti-OGM et en contradiction avec l'esprit du projet. Cela s'est conclu par un vote avec 30 voix d'écart, ce qui montre que même dans la majorité, il y a des gens qui sont très mal a l'aise. On va voir ce qui va se passer à l'Assemblée Nationale. Il est clair qu'on n'a pas fini cette bataille.

R & V : Encore un autre sujet : au moment de la présidentielle, tu as participé à l'ouverture d'une fenêtre politique pour un espace militant différent, à la foi altermondialiste, écolo, solidaire, féministe anti-raciste. Est-ce une parenthèse qui se referme dans ton parcours militant, ou y a-t-il pour toi un espace à faire perdurer et d'autres rendez-vous dans l'espace strictement politique ?

JB : Avec le recul, ça fait un an maintenant, je pense que ça a été une expérience très riche, très forte. Elle a mis beaucoup de gens en mouvement, plus même que je pouvais imaginer. On l'a revu d'ailleurs au moment des municipales : il y a beaucoup de gens qui s'étaient impliqués dans la présidentielle qu'on a retrouvée lors des municipales, dans des constructions ouvertes pour faire de la politique autrement. Des choses se sont passées qui à mon avis sont fortes. L'expérience des présidentielles a permis de montrer qu'il y avait un espace politique et qu'on était capable de relever le pari de présenter un candidat en dehors des logiques partidaires. Je n'ai pas été surpris du score dans ce contexte des logiques des gros partis, des logiques médiatiques, du temps court (on a fait une campagne de deux mois et demi alors que d'autres y étaient déjà depuis un an). On a ne pouvait s'attendre à un autre résultat en termes de voix. Cependant, on a touché et l'on a pu mobiliser des gens qui autrement ne se seraient jamais mobilisés. On a eu parmi nous beaucoup d'invisibles, et ces invisibles, on a pu les rendre visibles et leur donner la parole. Ça c'est important, c'est une chose qui s'inscrit dans la durée. Des gens qui n'étaient pas dans le débat politique se retrouvent aujourd'hui conseillers municipaux, en particulier dans certaines villes de banlieue. Il y a eu une prise de conscience qu'être dans les mouvements sociaux n'était pas forcément suffisant, qu'il y avait d'autres espaces possibles d'implication politique. Et ce phénomène n'a pas lieu que dans les grande villes. On trouve aussi en milieu rural, dans des départements où la présidentielle avait fait beaucoup bouger, des listes aux municipales qui ont fait des scores intéressants.

R & V : Et la suite ?

JB : Sur quoi ça peut déboucher aujourd'hui ? Je crois qu'il est nécessaire de continuer dans ce sens-là, dans cette logique d'ouverture, de débat, mais en même temps d'être vigilant sur ce qui se passe. On voit bien ce que la LCR veut faire, et qui n'apporte pas une véritable nouveauté, ni en termes de pratiques ni en termes de discours. J'aime bien Olivier Besancenot, mais son projet ne correspond pas à l'aspiration de ces nombreuses personnes qui veulent faire de la politique autrement, qui veulent que cette réalité citoyenne prenne le dessus. Nous sommes plutôt dans un processus lent (ça ne va pas se régler en quelques semaines ni quelques mois), mais qui porte en lui une vraie espérance. C'est quelque chose de long, parce que cela s'inscrit dans des réalités nationales et européennes, dans un contexte de bipolarisation. Les élections européennes sont, potentiellement, l'occasion de faire émerger, comme ça s'était fait en Midi-Pyrénées aux Régionales avec des listes ouvertes et pluralistes, un espace composé de l'éventail politique le plus large (pas en termes de consensus mou). Mais ça ne se fera pas un mois avant les Européennes. Il faudrait déjà y travailler aujourd'hui. D'autant que ceux qui auront créé de nouveaux partis voudront sans doute à cette occasion se compter.

Interview réalisée par MC

* Au premier tour de la présidentielle en Nouvelle-Calédonie, José Bové était arrivé en 4e position, derrière Sarkozy, Royal et Bayrou.
** Autrement appelé «secrétariat d'Etat chargé de l'outre-mer auprès du ministère de l'Intérieur, de l'outre-mer et des Collectivités Territoriales»
par Magali Braconnot publié dans : Actualité
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Vendredi 14 décembre 2007
Bientôt Noël et la fête du commerce...

Je ne suis pas contre les fêtes et les cadeaux !
Mais pour éviter de faire la fête et de s'offrir des cadeaux sur le dos des travailleurs exploités ou de participer à la ruine de la planète, il faut être un peu créatifs, en tous cas cohérents !

Alors bien sûr, il y a les livres. Quelques idées dans ma rubrique "Des livres" (à acheter dans une librairie bien sûr, pas en grande surface !!!)
par Magali Braconnot publié dans : Actualité
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Samedi 25 août 2007
Travailler-moins-vivre-mieux.jpgDans la série "je ne suis pas dupe" !

C'est pas mieux comme slogan que la célèbre phrase idiote et mensongère de notre Naboléon national ?

Travailler plus : pour enrichir qui, pour quoi faire ?
Pour gagner plus : comment y croire ? Et pour quoi faire, une fois de plus ?!

Je suis comédienne, chanteuse, intermittente du spectacle. Je vis mon métier avec passion, je ne compte pas les heures et suis rarement payée en fonction de mes compétences et du travail fourni.
Expliquez-moi monsieur Sarkozy comment je pourrais travailler plus pour gagner plus ?!!! Un tour de magie ? Comme dans le spectacle ?

Je ne suis sans doute pas concernée, pas la bonne catégorie...peut-être ne suis-je pas encore assez précaire ? Pas d'inquiétude, avec la signature du protocole 2006 concernant les intermittents plus un congé de maternité, je suis en bonne voie d'exclusion du système.
Alors j'en suis sûre, Nicolas Sarkozy aura un bonne mesure pour moi, il l'a promis !!!

Magali Braconnot.
(Avec mes excuses pour l'auteur de ce dessin, ne sachant pas qui c'est, je l'utilise sans autorisation. Mais suis prête à réparer si l'auteur se dévoile !)

par Magali Braconnot publié dans : Actualité
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Samedi 25 août 2007

 

Le bel été de Nicolas...

Entre vacances de luxe et mise en place express des mesures annoncées dans son programme, Nicolas Sarkozy est fidèle à lui-même. Il l’a promis, il le fait : paquet fiscal, franchises médicales, service minimum, réforme de la justice, un beau programme de casse ! Dans le même temps il parle avec une grande sincérité de lutte contre la pauvreté…et loge le soir même dans des établissements de luxe, promet que la protection de l’environnement est prioritaire pour lui…et file juste après en jet ou en yacht, prétend faire une politique pour tous…et ne prend que des mesures pour favoriser les riches. 

Alors non, on n’est pas déçu par l’été 2007 !

 Piétiner les institutions, s’approprier tous les pouvoirs, ne pas tenir compte des  « contraintes » constitutionnelles…un comportement de pure démagogue dangereux pour la démocratie.
« Laissez-moi faire (donnez-moi tous les pouvoirs),  je m’occupe de tout (à ma manière) »…ça fait froid dans le dos…et normalement, ça se soigne !!!

 Nous avons tous eu besoin de vacances après une actualité politique électorale chargée, mais j’espère que chacun aura retrouvé des forces et le moral pour la rentrée. Qu’elle soit combative et productive !

Nicolas Sarkozy n’a pas attendu pour agir, il est grand temps pour nous de réagir !
Ceux qui se sont laissés tenter son discours simpliste et radical ne seront pas dupes longtemps.

Organisons ensemble la riposte !

Et pour commencer, mobilisons-nous contre les franchises médicales,
...à suivre !


Magali Braconnot

 
CONTRE LES FRANCHISES MÉDICALES,

MOBILISONS NOUS LE 29 SEPTEMBRE !

Nicolas Sarkozy a annoncé en plein été la création d'une franchise médicale « ne dépassant pas 50 euros par an » pour financer les plans « cancer » et «Alzheimer ».

Plus ça va, plus on paye.

De lois en décrets, sous des prétextes variables – responsabilisation, trou de la sécu… – les assurés sociaux doivent payer toujours plus pour se soigner. 1967 déjà : le ticket modérateur – partie non remboursée par la sécurité sociale – devait diminuer la surconsommation médicale. Depuis, du forfait hospitalier au forfait par consultation en passant par les dépassements, la part qui nous revient est de 240 en moyenne par personne et par an. Et pour 900 000 personnes cela atteint même 1000 ! Pour les salariés les plus modestes, qui n’ont pas les moyens de s’offrir une mutuelle, il s’agit d’une charge parfois impossible à supporter.

  Plus on paye, et plus la sécu est déficitaire !

Cela prouve bien que la solution n’est pas là. D’ailleurs, Nicolas Sarkozy a bien compris que le prétexte du déficit a du mal à passer. Alors, changement de prétexte. Cette fois, il s’agirait de financer le plan Alzheimer. Qui pourrait s’opposer à donner quelques euros pour financer un objectif aussi indispensable ? Le seul problème, c’est que pour l’heure il n’y a pas de plan Alzheimer. Il n’y a que fermeture de lits de gérontologie à l’hôpital. Il n’y a que privatisation des centres de moyens et longs séjours.

  Qu’est ce qui va se passer avec ces franchises ?

Les gens qui n’ont pas les moyens renonceront à certains soins comme c’est déjà le cas pour les lunettes et pour les dents. Pour ceux qui ont une mutuelle, le ticket modérateur et le forfait hospitalier sont pris en charge. Mais les franchises ne le seront pas. La franchise au début c’est 50 , mais après… On voit ce qui ce passe : le forfait de 1 par consultation qui « promis-juré » ne devait pas augmenter, est passé à 4 le 1er Août. Les dépassements d’honoraires devaient rester « raisonnables », et maintenant ils peuvent atteindre plusieurs milliers d’euros pour une opération. Peu à peu les dépenses non remboursées augmentent. Jusqu’à ce que – comme pour la voiture – la nécessité de contracter une assurance privée s’impose.

  Les franchises c’est la remise en cause des principes fondateurs de la sécu.

Parce que – riche ou pauvre, jeune ou vieux… – nous devons tous être égaux face à la maladie, la France a crée la sécurité sociale en 1945. Le principe en est simple. Tous cotisent en fonction de leurs moyens. Et chacun en profite quelques soit ses besoins. A l’opposé de ce système solidaire, celui des assurances. Selon le niveau, et donc le prix du contrat, la couverture varie. Ainsi, s’installe une médecine à plusieurs vitesses, une logique « à l’Américaine » aux effets si bien décrits par le film de Michael Moore, Sicko.

 Le monde entier nous envie notre système de santé. Préservons-le.

Tout d’abord en prévenant la maladie. Les conditions de vie, de travail, l’environnement, l’alimentation… autant de pistes pour réduire la survenue des maladies, comme le cancer, le diabète, et peut-être même l’Alzheimer. Et puis, disons-le. Notre pays n’a jamais été aussi riche. Alors, il faut choisir. Exonérer les plus favorisés comme l’a fait Nicolas Sarkozy avec 13 milliards d’euros de cadeau à ses amis. Ou partager, mettre en commun dans le porte-monnaie de la solidarité. Là est le cœur du débat.

 

CONTRE LES FRANCHISES MÉDICALES,

MOBILISONS NOUS LE 29 SEPTEMBRE !


LE 29 SEPTEMBRE, DANS TOUTE LA FRANCE, NOUS EN DISCUTERONS.

NOUS SOMMES TOUS PROPRIÉTAIRES DE LA SÉCU. ALORS, PENSONS SON AVENIR ENSEMBLE !

Alter Ekolo ; Association des Médecins Urgentistes de France (Amuf) ; Appel contre la Franchise ; Association Nationale des Médecins Référents (AMedRef) ; ATTAC France ; CADAC ; Collectif « La Santé n'est pas une marchandise » ; CGT de l'administration centrale des Affaires sociales ; CNDF ; Convergence Nationale des Collectifs de Défense et de Développement des Services publics ; Collectif des Médecins Généralistes pour l’Accès aux Soins (CoMéGas) ; Coordination Nationale des Comités de Défense des Hôpitaux et Maternités de Proximité ; Fondation Copernic ; FSU ; LCR ; Les Alternatifs ; LMDE ; Mars-Gauche républicaine ; MRC ; ONSIL ; Parti Socialiste ; PCF ; Résistance sociale ; Syndicat de la Médecine Générale (SMG) ; SNICS-FSU ; Sud Education ; Union des Familles laïques (UFAL) ; Union Nationale Alternative Mutualiste (UNAM) ; UNEF ; Union Syndicale SOLIDAIRES ; Union Fédérale SUD Protection Sociale ; Union fédérale Sud Santé Sociaux ; Union Nationale des Groupements Mutualistes Solidaires (UNGMS) ; Union Nationale des Retraités et des personnes âgées (UNRPA) ; Union Syndicale de la Psychiatrie (USP)

 

par Magali Braconnot publié dans : Actualité
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