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Mardi 20 novembre 2007
gr--ve-007.jpg
par Magali Braconnot publié dans : Luttes
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Dimanche 18 novembre 2007

manif-regimes.jpg

Des « otages » « empêchés » d'aller travailler
ou comment les mots se trompent de guerre
par Judith Bernard (ex-collaboratrice de « Arrêt sur images » )

source : http://www.bigbangblog.net/

Il faut, décidément, faire attention aux mots. On entend beaucoup ces jours-ci les usagers se plaindre que les grévistes les « empêchent » d’aller travailler. Or, au sens strict, ils ne les empêchent pas. Ils cessent de les y aider. C’est quand même très
différent : les grévistes suspendent le service qu’habituellement ils rendent contre salaire, et renoncent à leur paie pour la durée où ils cessent de « servir ». Ils exercent ce faisant leur droit de grève, strictement incontestable.

Que la grève constitue une nuisance est tout aussi incontestable, c’est même de là qu’elle tire son pouvoir relativement persuasif. Mais si elle est constitutionnellement garantie, c’est bien qu’elle est légitime dans son principe : elle est reconnue comme
un instrument légal dans la négociation du rapport de force entre les employeurs et les employés. On observera au passage que la constitution prévoit donc bien que les relations entre ceux-ci et ceux-là sont susceptibles de prendre la forme de rapports de force, et qu’en somme les luttes sociales font partie du programme légitime de la société.

A ce titre, le terme d’ « otage » dont les « usagers-vus-par-les-médias » à moins que ce ne soient les « médias-vus-par-les-usagers » nous abreuvent est parfaitement inacceptable, et même obscène. Obscène évidemment pour les otages, les vrais, ici et là en quelques coins de la terre. Inacceptable ensuite parce qu’il porte une représentation du corps social trompeuse et délétère. Dans corps social il y a corps : nous en sommes tous les membres, il n’y a pas de partie neutre, qui se trouverait prise au piège, « à son corps défendant », d’une problématique ne la concernant pas.

Chacun est agent du devenir collectif, et nous sommes tous partie prenante de la lutte sociale qui se joue ici.

On me répondra que c’est parce que nous sommes tous responsables du devenir collectif que les bénéficiaires de régimes spéciaux doivent contribuer à l’effort commun pour rendre possible le financement futur des retraites. Problème moral, plus qu’économique, puisque les personnes concernées représentent une part dérisoire du corps social, et que s’agissant d’économie(s), le gouvernement eût pu
s’aviser d’en faire autrement qu’en tapant sur les petites retraites, en s’abstenant par exemple d’offrir l’équivalent de 90 fois la somme qu’il espère tirer de cette réforme, sous la forme de cadeaux fiscaux dont personne n’a réussi à prouver l’intérêt sur le plan collectif.

Problème moral décidément, car si l’on veut vraiment tendre vers l’équité dans le système des retraites, il faut évidemment prendre en compte non seulement la
pénibilité, mais l’espérance de vie moyenne propre à chaque corps de métier dans le calcul des pensions : seul moyen de rendre une politique de financement des
retraites acceptable, parce que cohérente.

Car la politique aussi fait corps, c’est un système symbolique complexe dont on attend au minimum de la cohérence. De la part d’un gouvernement de droite qui
pratique une politique clientéliste et réserve à son sommet les privilèges les plus indécents (je songe notamment aux Centquarantepourcent, appelons-les comme
ça puisque personne ne sait exactement de quoi il retourne), cette réforme-là est inacceptable. On ne demande pas un tel effort à ceux d’en bas quand on a fait tant de largesses à ceux d’en haut. C’est plus qu’un problème de communication. C’est un problème moral.

J’avoue ne pas connaître assez les métiers concernés (tellement divers !) pour être absolument certaine que ces régimes spéciaux ne sont pas la juste compensation
d’efforts particuliers déjà consentis. Et j’ose dire que ce n’est pas le cœur de la question. Le cœur de la question bat dans ce fameux corps social envisagé comme un tout, dont le « corporatisme », tant décrié et bien mal compris, n’est que la métonymie.

Je m’explique : quand un corps de métier se bat pour que ses membres bénéficient d’une situation décente, c’est AUSSI à la décence des situations de travail en général qu’il œuvre. Sans doute les motivations des grévistes sont-elles pour partie (la majeure ? Et alors ?) personnelles. Mais DANS LES FAITS, leurs conquêtes construisent et consolident les droits des travailleurs en général. Notamment pour cette raison simple et évidente que lorsqu’ils échouent, le démantèlement de leur statut sert toujours d’exemple et de justification au démantèlement du statut voisin
- comme le montre très exactement toute l’histoire de la réforme des retraites. TOUS les travailleurs ont donc intérêt à ce que CERTAINS travailleurs parviennent à défendre la décence de leurs conditions de travail : la lutte sociale ne s’arrête pas ce soir, les victoires des uns sont susceptibles de servir d’exemple, de modèle et de justification aux luttes - et aux victoires - des autres.

Qu’elles le deviennent en effet dépend de nous : tous les travailleurs, y compris ceux du privé, ont le droit de se syndiquer, de faire grève, de lutter pour la dignité de leurs conditions de travail et de vie.
Ces droits n’existent réellement que si on les exerce; cet exercice est une lutte, et la lutte, ça coûte.
Ça coûte en énergie, morale et physique, et ça coûte de l’argent. C’est un risque, toujours : le risque de perdre. Je sais de quoi je parle. Il y faut de l’audace, du courage, de la détermination, et un certain sens du collectif. Toutes qualités dont je
n’entends pas beaucoup parler, à propos des grévistes actuellement engagés dans la lutte.

Alors quand bien même je devrais être la seule à le faire, dans ce concert de plaintes d’ « otages » « empêchés » d’aller travailler, je leur dis : chapeau, les grévistes, et merci. Merci pour nous tous.

Judith Bernard

par Magali Braconnot publié dans : Luttes
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Dimanche 18 novembre 2007
reve-g--n--rale.jpgAppel "Pour les grèves solidaires"

Le lien :
http://www.liberation.fr/rebonds/291731.FR.php

Par plus de 200 signataires dont
Etienne Balibar, professeur émérite à l’université Paris-X ; Françoise Balibar, professeur émérite à Paris-VII ; Daniel Bensaïd, professeur de philosophie à Paris-VIII ; Luc Boltanski, directeur d’études à l’EHESS ; Dominique Cabrera,cinéaste ; Alex Callinicos, professeur d’études européennes, King’s College, Londres ;Michel Onfray, philosophe, université populaire de Caen ; Roland Pfefferkorn, professeur de sociologie, université Marc-Bloch-Strasbourg-II ;lavoj Zizek, chercheur à l’International Center for Humanities, université de Londres. Voir l’ensemble des signatures sur Libération.fr

vendredi 16 novembre 2007

loadNbReaction('NbReactions',curDocId);Les grèves de 1995, les mobilisations sociales de 2003, le non de 2005 au traité constitutionnel européen ont contribué à freiner en France la contre-réforme libérale qui l’a emporté partout en Europe. Aujourd’hui, Nicolas Sarkozy et son gouvernement veulent faire de la grève des cheminots et du mouvement dans les universités un test. S’ils parviennent à les briser, ils espèrent avoir les mains libres pour faire passer au pas de charge le train de réformes annoncé sur le droit du travail, sur le système de santé, sur la protection sociale. Ils engagent pour cela une bataille d’opinion visant à diviser et à opposer ceux qui se lèvent tôt à ceux qui sont supposés se prélasser sur le mol oreiller de l’assistanat, le secteur privé au secteur public, les méritants aux récalcitrants, les étudiants studieux aux insoumis.
 

C’est pourquoi l’offensive gouvernementale commence par la remise en cause des régimes dits spéciaux, présentés comme un privilège contraire à l’égalité, mais elle se poursuivra par l’augmentation pour toutes et tous de l’âge de la retraite, par la privatisation des services de santé et des assurances contre la maladie et la vieillesse, au détriment de la protection sociale par répartition.

Les cheminots ne luttent pas seulement pour défendre un droit à la retraite obtenu à la Libération en raison de la pénibilité de leur travail. Ils luttent aussi, comme les employés du métro, les postiers, les électriciens, les personnels de santé, les enseignants, pour défendre ce qui reste de service public contre la concurrence débridée de tous contre tous. La double défense de la solidarité sociale et des conditions de l’autonomie de chaque individu passe au contraire par un partage du temps de travail sans perte de salaire, par le maintien du droit d’accès à la retraite égal dans le privé et le public, tenant compte de la pénibilité du travail, par un retour aux 37,5 annuités pour tous.

En soutenant les mobilisations des salariés, la communauté universitaire ne fait pas seulement acte de solidarité. La loi mal nommée d’autonomie des universités ne les soustrait aux tutelles étatiques que pour mieux faire croître parallèlement l’arbitraire bureaucratique et féodal de présidents d’université imitant le management des entreprises privées, et la dépendance à l’égard des marchés. Elle amorce une logique de démantèlement de l’enseignement supérieur public, d’augmentation des droits d’inscription des étudiants, de fragmentation du corps enseignant, de subordination aux lois de la concurrence et aux caprices du marché du travail. Elle affaiblit le droit à l’étude et l’espace public d’éducation. Tels sont les enjeux de la bataille sociale engagée.

C’est pourquoi non seulement nous nous déclarons solidaires de la grève des cheminots et des universités en lutte, et manifesterons à leur côté, mais nous participerons à une mobilisation d’ensemble et à une convergence de ces luttes pour la journée de grèves du 20 novembre dans la fonction publique et au-delà.

par Magali Braconnot publié dans : Luttes
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Jeudi 15 novembre 2007

Sarko-Tchou-tchou-2-copie.jpgSe mobiliser aujourd'hui pour s'opposer à la casse des régimes spéciaux,
c'est refuser demain de nouveaux reculs sociaux pour tous les salariés.

Fédérations syndicales des cheminots
CGT – FO – CFTC – SUD.Rail – CFE-CGC

TRAVAILLER PLUS LONGTEMPS
POUR GAGNER MOINS EN RETRAITE !

dessin de Luz pour Charlie Hebdo

QUI PEUT L’ACCEPTER ?

Le Gouvernement se répand beaucoup dans les médias pour tenter d’accréditer l’idée qu’il est à l’écoute des organisations syndicales et qu’il étudierait avec une certaine bienveillance leurs propositions.

Qu’en est-il exactement ?

 

Depuis le lancement de la réforme des régimes spéciaux de retraites par le Président de la République
le 18 septembre, le cadrage gouvernemental est déclaré non négociable. Ce qui revient à dire que les presque 100 heures de discussions en bilatérales dont aime à parler le Ministre du Travail Xavier BERTRAND, ont été essentiellement utilisées pour diviser les syndicats. C’est là la grande ambition du Gouvernement !
C’est bien pourquoi les organisations syndicales concernées par la réforme n’ont de cesse de revendiquer la tenue d’une Table Ronde GOUVERNEMENT/SYNDICATS CHEMINOTS.

Pourquoi le Gouvernement pourtant chantre de la
transparence, refuse t-il une réelle TABLE RONDE ?

A-t-il peur que sa réforme apparaisse au grand jour pour ce qu’elle est réellement ? À savoir un dispositif entraînant une diminution du niveau des retraites versées au regard déjà de la faiblesse des pensions de cheminots ? C’est ce qu’ont justement refusé massivement les cheminots par la grève
 le 18 octobre !

Avec la réforme des régimes spéciaux, le Gouvernement instaure une double peine pour les cheminots :

- avec le système de décote (coefficient d’abattement), la pension à terme serait diminuée de 25 % pour une même durée de travail,

- avec l’indexation des pensions sur les prix au lieu des salaires des actifs (cette mesure appliquée au régime général a engendré en 15 ans un écart de 20 % entre l’augmentation du pouvoir d’achat des actifs et des retraités au détriment de ces derniers).

Comment le Gouvernement peut-il affirmer que ces dispositions qui engendreraient un recul du montant des pensions versées, soient des mesures d’équité ? Nous sommes pour l’équité face à la retraite mais par le haut !

C’est pourquoi, nous sommes opposés à ce que l’on joue les anciens contre les jeunes avec une réforme qui entraînerait la mise en place de doubles voire triples statuts, précarisant de fait les futures générations de cheminots.

C’est un choix de société !

Quel type de société voulons-nous ?

D’autres choix sont nécessaires et possibles pour pérenniser les régimes spéciaux, améliorer le régime
général ainsi que celui de la Fonction Publique et assurer l’avenir du système solidaire par répartition.

Notre régime spécial a toute sa raison d’être au sens des contraintes liées à la continuité du Service Public. Il faut aussi rappeler que les droits spécifiques à la retraite des cheminots ne sont en aucune façon financés par les contribuables ou par les assurés du régime général. Ils sont financés par les cheminots eux-mêmes avec un taux de cotisation au régime de retraite supérieur de 12 points à celui du régime général.

Ensuite, l’augmentation du pouvoir d’achat et le pleinemploi sont des éléments essentiels pour pérenniser et revaloriser les droits des régimes par répartition. Avec la création d’un million d’emplois, c’est 12 milliards d’euros supplémentaires pour financer les retraites.

Pour une véritable égalité, il faut mettre fin aux politiques qui privent la protection sociale de recettes supplémentaires.

Il en est ainsi de l’exonération de cotisations sociales des stock-options (3 milliards d’euros par an dont 1 milliard pour la retraite), des systèmes d’intéressement et d’actions gratuites, de l’épargne salariale…

La Cour des Comptes a estimé à 10 milliards d’euros le manque à gagner pour l’ensemble de la protection sociale engendré par ces dispositifs.

Des convergences d’intérêts

Personne n’est dupe, le Gouvernement s’attaque aux régimes spéciaux pour mieux imposer de nouveaux reculs sur les droits du régime général pour l’ensemble des salariés.

Pour preuve, la Commission Nationale de garantie des retraites a annoncé, le 29 octobre dernier, le passage de 40 à 41 années de cotisations pour l’ensemble des salariés du privé et du public de 2009 à 2012. Le Premier Ministre prévient déjà que cela ne suffira pas et qu’il faut réfléchir rapidement sur une nouvelle perspective de 42 ans voire 43 ans de cotisations comme le réclame le MEDEF.

C’est un allongement de cotisations sans fin !

Vous êtes aussi des usagers des transports et de la SNCF, face à l’enjeu de société que représentent les questions environnementales et l’aménagement du territoire, le Service Public ferroviaire SNCF, et particulièrement celui des marchandises, est menacé.

Gouvernement et Direction SNCF doivent arrêter la casse du Fret SNCF constituant un non-sens économique, écologique, social qui va à l’opposé des ambitions affichées pour le ferroviaire dans le Grenelle de l’Environnement. Le plan de fermeture de 262 gares au trafic Fret en wagons isolés doit être abandonné. Les moyens doivent être donnés au Service Public SNCF pour maintenir et développer les infrastructures, les gares et les emplois.

Pour toutes ces raisons,

les cheminots seront en grève
à partir du mardi 13 novembre à 20 h

reconductible par période de 24 heures

Retraites, Fret, Service Public, Emploi, Salaires

seront au coeur de nos revendications.

Se mobiliser aujourd'hui pour s'opposer à la casse des régimes spéciaux,
c'est refuser demain de nouveaux reculs sociaux pour tous les salariés.

 

Paris, le 6 novembre 2007

 

par Magali Braconnot publié dans : Luttes
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Samedi 10 novembre 2007

Les Chefs d’États et de gouvernements de l’Union Européenne ont adopté à Lisbonne le 19 octobre 2007 le Traité européen.

Ce Traité doit être signé le 13 décembre prochain par tous les participants de la réunion de Lisbonne.

Contrairement à ce que dit Nicolas Sarkozy, ce n’est pas un « mini-traité ».

Sous un autre nom et une autre forme, il reprend l’essentiel de la « constitution » rejetée.

Et ce qui a été repoussé par voie référendaire, serait ratifié par voie parlementaire ?

 

Pour la tenue d’un référendum populaire

Il y a des outils, des initiatives...

A Marseille, des organisations ont tenu une conférence de presse et appellent toutes celles et tous ceux qui veulent une Europe bâtie sur la volonté et la souveraineté populaire à se mobiliser, à faire converger leurs initiatives et à unir les forces pour expliquer le véritable contenu du nouveau traité, dénoncer la tromperie et pour ouvrir une nouvelle perspective d’une Europe démocratique, sociale, écologique et solidaire.

 

Des Outils d'ATTAC (suivez les liens…) :

Les affiches de la campagne sur le traité seront disponibles le Mercredi 14 à Mille Bâbords (rue Consolat, Marseille).

- Signez la pétition en ligne pour un référendum

- Comprendre les enjeux, le 4 pages Attac : « Traité modificatif européen : une copie du TCE »

- Tract : Nouveau traité, nouveau référendum !

- Traité modificatif européen : il faut un référendum.

- TME, les Attac d’Europe disent non

- Décryptage, "traité simplifié" ou "mini traité" ? Quand la plupart des éditorialistes adoptent, sans référendum, le nouveau traité européen

- Vidéo : débat sur le nouveau traité européen

- Le texte du traité et les premières analyses

- Appel unitaire sur le nouveau projet de traité

- Une autre Europe est possible : les 10 principes des Attac d’Europe pour un traité démocratique
par Magali Braconnot publié dans : Europe
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Vendredi 26 octobre 2007
N-Guimok--.JPGNe laissons pas faire,
RESISTONS !
par Magali Braconnot publié dans : Sans papiers
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Jeudi 18 octobre 2007
"L’abdication d’une démocratie peut prendre deux formes"

Un peu plus de deux mois avant la signature des traités de Rome, le 18 janvier 1957, Pierre Mendès France fait une intervention particulièrement prémonitoire à l’Assemblée Nationale  :

" Le projet du marché commun, tel qu’il nous est présenté, est basé sur le libéralisme classique du XXe siècle, selon lequel la concurrence pure et simple règle tous les problèmes. L’abdication d’une démocratie peut prendre deux formes, soit elle recourt à une dictature interne par la remise de tous les pouvoirs à un homme "providentiel", soit à la délégation de ses pouvoirs à une autorité extérieure laquelle au nom de la technique exercera en réalité la puissance politique, car au nom d’une saine économie on en vient aisément à dicter une politique monétaire, budgétaire, sociale, finalement une politique, au sens le plus large du mot, nationale et internationale ".

(...)

Source et texte complet : http://abel.jerome.free.fr/outils/?id=44
par Magali Braconnot publié dans : Démocratie
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Mardi 9 octobre 2007
Flora-mat-2.jpgVoilà Flora, née le 26 septembre 2007 !

Une nouvelle bonne raison de lutter pour d'autres mondes plus justes.
Née dans la douceur à la maternité de Pertuis (84). Un lieu rare, où le choix des parents est entendu, où une belle équipe propose un lieu pour naître "autrement".
Bien entendu cet endroit est menacé de fermeture...

Dans le couloir de la maternité on peut lire :
"De la qualité de l'obstétrique dépend la qualité des cerveaux de toute une population"

Il y aurait tant à dire autour de la naissance et des choix politiques catastrophiques faits ces dernières années...
A très bientôt !

par Magali Braconnot
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Mardi 9 octobre 2007

Pour les sans papiers raflés et expulsés de France ces derniers mois:
Déclaration de Nicolas Sarkozy
le 14 octobre à Sofia, Bulgarie
 

"Chaque fois qu’une personne est poursuivie ou maltraitée dans le monde, pour moi elle est Française parce que la France est la patrie des droits de l’homme"

 

par Magali Braconnot publié dans : Sans papiers
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Samedi 15 septembre 2007

Des citoyen.ne.s français.es écrivent aux forces de l'ordre

 logoresf.jpgReseau éducation sans frontière : http://www.educationsansfrontieres.org/



Mesdames et Messieurs les membres des forces de l'ordre,

 

Citoyennes et citoyens de France, nous souhaitons vous dire simplement et sans hargne un tout petit peu de notre douleur et de notre fureur, pour avoir été témoins ou eu connaissance d'expulsions d'enfants et de familles vers des pays où la misère et où les risques de mort sont bien connus.

 

Nous savons que ce n'est pas de gaîté de coeur que certaines et certains d'entre vous accomplissent de telles missions au service d'une politique << forte >> qui veut effrayer, croyant (ou feignant de croire ?) que cela aura un effet de dissuasion sur les personnes qui pensent immigrer.

 

Ce qui est aussi très difficile à accepter, c'est la transformation du rôle de la police et de la gendarmerie. La raison d'être de ces institutions n'est-elle pas en effet de protéger la population et de lui permettre de vivre en sécurité ? Rôle dont nous mesurons pleinement l'importance et la difficulté.

 

Pourtant, ces personnes qui ont immigré, non seulement ne nous agressent pas, mais sont nos voisin.e.s, nos ami.e.s, nos élèves. Elles n'ont commis d'autre délit que de n'avoir pu obtenir des documents de séjour (parfois même en raison d'erreurs de l'administration, de changement des lois ou de telle politique opportuniste).

 

Nous nous demandons ce que peuvent ressentir celles et ceux d'entre vous qui, sous la pression des << objectifs chiffrés de résultats >>, acceptent un ou plusieurs des actes suivants (ou, pour quelques-un.e.s peut-être, choisissent d'aller au delà de ce qui leur est demandé) :

-  aller chercher des enfants dans ou près de leur école pour les conduire en centre de rétention ;

-  convoquer des familles en leur faisant croire qu'elles vont recevoir leurs papiers alors que ce stratagème conduira à leur arrestation ;

-  enfoncer des portes derrière lesquelles se tiennent des enfants terrorisé.e.s ;

- utiliser des gaz lacrymogènes comme le feraient des personnels du GIGN en cas de menace imminente majeure ;

-  menotter et malmener des parents sous les yeux de leurs enfants ;

-  étouffer des personnes refusant d'embarquer, au point que certaines en sont mortes ;

-  accompagner dans l'avion des personnes qui seront violentées ou, pour certaines, tuées à l'arrivée ;

-  pratiquer le chantage, l'intimidation, brandir les termes << d'outrage >> ou de << rébellion >>, oubliant les droits des administré.e.s ;

-  menacer les citoyen.ne.s qui protestent contre de telles violences.

 

Nous ou nos proches avons été témoins de ces situations indignes de notre pays, la France.

 

Mais il y a aussi d'autres petites victimes de cette politique et, un jour peut-être ce seront vos propres enfants qui vous poseront des questions à la suite de la disparition d'un.e de leur camarade. Nombre d'enseignant.e.s et de parents peuvent déjà témoigner, hélas, des traumatismes qui frappent les enfants de leur école.

 

Il se peut que la lecture de ce texte suscite comme défense le sentiment de ne faire qu'obéir aux ordres. Nous pouvons le comprendre mais non l'accepter : d'autres ont déjà répondu la même chose à une triste époque pas si lointaine. L'Histoire les a jugés, comme elle a su reconnaître celles et ceux qui ont pris la responsabilité de la désobéissance civile et morale.

Au demeurant, nous voudrions rappeler qu'aucune loi ne dispense de respecter les droits humains fondamentaux, qu'aucun ordre ne peut conduire à humilier, molester des gens sans défense. Même dans l'armée, l'obéissance aux ordres reconnaît une limite : celle de la conscience personnelle.

 

Nous respectons la police quand elle contribue à l'harmonie de la société mais nous ne voulons pas que, malgré l'honnêteté d'une majorité d'entre vous, cette société ne puisse plus supporter l'image globale qu'en donne une minorité. Loin de condamner cette minorité de vos collègues, nous pensons que vous pouvez les aider à retrouver les chemins qui honorent, en tirant la solidarité vers le haut. 

 

C'est donc à un sursaut collectif que nous vous appelons, seul espoir pour que la nation se réconcilie avec vous, avec les institutions chargées de protéger les personnes. En cela, vous aurez su tirer à temps les leçons de l'Histoire.

Si vos organisations professionnelles, vos syndicats portent sur la place publique une parole forte, témoignant de votre refus que votre mission soit dévoyée, alors, avec nous, le pays vous soutiendra.

 

 

Des citoyennes et citoyens qui défendent la dignité de toutes les personnes,

les sans papiers comme les forces de l'ordre.

par Magali Braconnot publié dans : Sans papiers
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