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Mercredi 27 février 2008
APPEL DES FÉDÉRATIONS D'ÉDUCATION POPULAIRE POUR LES ARTS ET LA CULTURE AU QUOTIDIEN

A signer d'urgence !

Nous qui produisons, diffusons, accompagnons des œuvres partout en France,

Nous qui amenons les arts et la culture dans les villages, les quartiers, les écoles, et aussi dans la rue, dans les hôpitaux ou dans les prisons, qui organisons des festivals, des ateliers, des rencontres entre les professionnels et le grand public,

Nous qui développons et qualifions les pratiques artistiques des amateurs,

Nous qui soutenons une culture vivante de qualité, de courage, d’indépendance et de création, dans le cadre d’une politique nationale concertée et durable fondée sur l’intérêt général, en lien avec les artistes, les collectivités, les institutions, et les services de l'État,

Nous qui réunissons plusieurs dizaines de milliers d’emplois, plusieurs millions de bénévoles et autant de participants, Nous appelons solennellement l’État à réaffirmer la place des arts et de la culture dans le droit commun des politiques publiques.

Nous, fédérations signataires de la Charte Éducation populaire - Culture rappelons notre vive inquiétude sur l’actualité des orientations et des choix budgétaires du ministère de la Culture et de la Communication qui remettent en cause le travail quotidien des associations engagées dans la diffusion, l’éducation artistique, l’action culturelle et plus largement l’éducation populaire.

De profondes mutations sont en cours :
-  un désengagement budgétaire et politique de l'État sur la culture en dehors des arts majeurs, des industries culturelles et du patrimoine
-  une politique budgétaire qui tend à séparer la création, la diffusion, l’éducation artistique et l’action culturelle
-  l’avènement et la banalisation manifeste d’un discours fondé sur la libre concurrence dite « nécessaire » entre secteur marchand et action publique

Ces mutations se font sentir depuis plusieurs années, mais une accélération évidente est en œuvre. Elle remet en cause actions, projets et dispositifs d’éducation populaire dans leur fondement, dans leurs complémentarités comme dans leur simple existence. Le renvoi récurrent au mécénat ou au partenariat local fragilise les actions, aux dépens d’une politique nationale et de long terme (fondée sur des complémentarités et des péréquations), garantissant une forme d’égalité entre les territoires de la République.

Nous, fédérations signataires annonçons que nous suspendons sine die nos travaux et contributions dans le cadre de la Charte Éducation populaire - Culture tant que le Conseil national Éducation populaire Culture n’aura pas été réuni sous la présidence du Ministre de la Culture et de la Communication.

Nous appelons l’ensemble des militants et partenaires de leurs associations à :
-  travailler activement à l’explicitation de cette actualité auprès du grand public
-  mobiliser les élus sur ces questions
-  se joindre à toute initiative de mobilisation publique locale et nationale visant à réunir largement tous les secteurs artistiques et culturels

Centres d’Entraînement aux Méthodes d'Éducation Active (CEMEA)
Collectif Interassociatif pour la Réalisation d’Activités Scientifiques Techniques Internationales (CIRASTI)
Confédération des maisons des jeunes et de la culture de France. (CMJCF)
Confédération nationale des Foyers ruraux (FNFR)
Fédération des centres sociaux et socioculturels de France (FCSF)
Fédération Française des maisons des jeunes et de la culture (FFMJC)
Fédération Nationale Léo Lagrange (FNLL)
La ligue de l’enseignement
Les FRANCAS
L’Union Française des Centres de Vacances et de loisirs (UFCV)
Peuple et Culture (PEC)

Pour signer la pétition, c’est par là :

http://educpop-culture.info/ 

par Magali Braconnot publié dans : Culture
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Mercredi 13 février 2008
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Pétition pour une loi-cadre contre les violences faites                                                 aux femmes

 

Il est possible maintenant de signer en ligne la pétition du Cndf pour une proposition de loi cadre contre les violences faites aux femmes :
Le lien : "proposition de loi cadre contre les violences faites aux femmes".


Alors que Nicolas Sarkozy et Rachida Dati misent encore sur le toujours plus de répression, et seulement la répression, au détriment de tout ce qui doit être fait en amont, notamment la prévention, il nous parait un enjeu très important de faire en sorte que cette proposition de loi soit inscrite à l’ordre du jour des Assemblées parlementaires.

par Magali Braconnot publié dans : Féminisme
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Mercredi 13 février 2008
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Changez le curseur : la lettre de mission de Nicolas Sarkozy à Christine Albanel devient la contrelettre des citoyens libres.

Le 1er août dernier, le Président de la république et le Premier ministre adressaient à la ministre de la Culture et de la Communication une « lettre de mission », indiquant les grandes lignes (et nombre détails) sur ce qu’ils souhaitent voir mis en œuvre dans le domaine culturel. Outre sa forme, qui multiplie les injonctions, plusieurs éléments de cette missive apparaissent particulièrement discutables. Professionnels, militants, acteurs de l’action culturelle, nous avons donc décidé de verser au débat public une « contrelettre » citoyenne, dont la première version est volontairement basée sur une réécriture partielle de l’existante.

Lire l’article du Monde du 1er février 2008

L’"obligation de résultat" détournée

Vous n’avez pas aimé la "lettre de mission" de Nicolas Sarkozy à Christine Albanel ? Ouvrez votre ordinateur et réécrivez-la... Jean-Gabriel Carasso, auteur d’un essai intitulé Nos enfants ont-ils droit à l’art et à la culture ? (éd. de L’Attribut, 2005), a eu cette idée en découvrant, il y a quelques mois, la feuille de route de l’Elysée qui pose le principe des "obligations de résultat" pour les scènes subventionnées, et demande à la ministre de la culture d’empêcher la "reconduction automatique des aides" de l’Etat. "J’ai imaginé Malraux lisant ce texte et démissionnant dans le quart d’heure", raconte ce militant de l’éducation artistique et directeur de l’association L’Oizeau rare. Il a commencé par corriger en rouge la missive du chef de l’Etat. Puis il a ouvert un blog (http://lacontrelettre.over-blog.com), où les internautes peuvent aussi apporter leur contribution (intégrée en bleu).

Ce qui donne un texte assez éloigné de l’original. Exemple : "La démocratisation culturelle, écrivait M. Sarkozy, c’est enfin veiller à ce que les aides publiques à la création favorisent une offre répondant aux attentes du public." Revue par les blogueurs, la phrase devient : "La démocratisation artistique et culturelle, c’est enfin veiller à ce que les aides publiques à la création, tout en tenant compte des attentes des publics, permettent un soutien clairement affirmé à la recherche, à l’innovation et aux formes de création les moins inféodées aux canons académiques ou aux productions strictement commerciales." ...

Clarisse Fabre


Le lien pour signer la contre-lettre :
le site de la contre-lettre, c’est ici - http://lacontrelettre.over-blog.com/
par Magali Braconnot publié dans : Culture
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Samedi 2 février 2008
undefinedLundi matin, le département Contrôle & Audit de la Société Générale retourne au travail... 
par Magali Braconnot publié dans : Coup de gueule
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Mercredi 30 janvier 2008

    undefinedJ’aspire à  plus de démocratie, plus d’écologie, plus de transparence, plus de solidarité , et ça commence là où je vis !

Je pense qu’il est urgent de nous mêler de ce qui nous regarde, nous, citoyens en tous genres et qu’il est toujours plus constructif de proposer que de critiquer et s’opposer.

Je crois à l’intelligence collective et au travail d’équipe.

Je crois aussi que selon la célèbre phrase Altermondialiste, « un autre Simiane est possible et nécessaire! »

Voilà pourquoi  je participe à la liste "Simiane avec vous"

Nous travaillons au projet depuis des mois et c'est aussi passionnant que prenant ! C'est une façon concrête de mesurer ses idéaux à la pratique !

Pour en savoir plus, visitez notre site :  

www.simiane-avec-vous2008.org

par Magali Braconnot publié dans : Municipales 2008
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Mercredi 30 janvier 2008
undefinedDepuis 15 ans, l'association KOKOPELLI protège la diversité de nos jardins, de nos champs, de nos assiettes, tout en essayant de faire évoluer le cadre juridique vers une reconnaissance de la valeur agronomique et culturelle des variétés reproductibles.


Les verdicts sont tombés, l’Association Kokopelli est lourdement condamnée :

       - 12.000 € pour le grainetier Baumaux

       - 23.000 € pour l’état et la fédération des industriels de la semence (FNPSPF).

Il faut être réaliste : les semences que défend l’association Kokopelli, étant maintenues dans l’illégalité par une volonté politique, nous ne pouvions pas gagner ces procès.

Malgré les directives européennes, les avis de l’ONU, du Sénat, de scientifiques, d’agronomes affirmant l’urgence de sauvegarder la biodiversité végétale alimentaire, l’état français refuse de libérer l’accès aux semences anciennes pour tout un chacun.

C’est ce qui permet aujourd’hui aux magistrats d’infliger ces lourdes peines à l’association Kokopelli.

Dans le cas du procès de la SAS Baumaux pour concurrence déloyale, M. Baumaux verra donc son bénéfice de 800.000 € augmenté de 10.000 € et recevra 2.000 € pour ses frais.

L’état français recevra 17.500 € au motif que KOKOPELLI vend des semences illégales, 5.000 € seront consacrés aux frais et à l’information du bon peuple sur les pratiques dangereuses de l’association KOKOPELLI. Les semences qui ont nourri nos grands-parents et qui servent à nous nourrir aujourd’hui par le jeu des croisements, sont donc devenues illégales et dangereuses.

Nous avons eu droit au grenelle de l’environnement : il faut sauver la biodiversité ! alors pourquoi condamner une association qui sauvegarde avec ses adhérents et ses sympathisants, plus de 2500 variétés en risque de disparition ? Pourquoi condamner ces semences dont la FAO reconnaît qu’elles sont une des solutions pour assurer la souveraineté alimentaire, face aux dérèglements climatiques et à l’augmentation de la population mondiale ? Pourquoi les mêmes variétés, selon qu’elles sont vendues par KOKOPELLI ou d’autres opérateurs entraînent condamnation ou mansuétude ? Pourquoi les grandes surfaces vendent des fruits et légumes issus des variétés interdites à KOKOPELLI, en toute impunité (en tout cas à notre connaissance).

Les condamnations infligées à KOKOPELLI ne sont donc pas à chercher dans la nature des semences que protège l’association, mais dans ses actions.

L’association propose aux jardiniers, aux paysans, d’être autonomes et responsables, face au vivant. Dans notre société du tout marchandise, c’est intolérable. Le plus grand grief (sous jacent) fait aux semences anciennes ou de pays, est d’être reproductibles et qui plus est adaptables à de très nombreuses conditions de cultures, sans le soutien de l’agro chimie. Voilà la faute de KOKOPELLI : conserver le levain des savoirs populaires, agronomiques et génétiques. A l’heure où l’on veut nous faire croire que le tout hybride, OGM, chimique, énergie fossile, sont les seules possibilités d’assurer notre alimentation, propager l’autonomie semencière par l’exemple est devenu répréhensible. Ce qu’il faut retenir de ces condamnations, c’est la volonté affichée d ‘éradiquer les alternatives techniques et semencières autonomes.

Depuis 15 ans, KOKOPELLI protège la diversité de nos jardins, de nos champs, de nos assiettes, tout en essayant de faire évoluer le cadre juridique vers une reconnaissance de la valeur agronomique et culturelle des variétés reproductibles : L’ETAT FRANÇAIS NOUS A FAIT ECHOUER. Aujourd’hui, la disparition potentielle de KOKOPELLI ouvre un boulevard à l’uniformisation culturelle et productiviste agricole. La disparition de la « vraie » biodiversité basée sur la variabilité génétique d’une multitude de variétés locales ne sera jamais, et de très loin, compensée par la multiplicité de quelques variétés clonées.

Il est intéressant de noter la similitude des actions et de la répression envers les faucheurs volontaires, les amis de l’ortie, les défenseurs de l’herboristerie et KOKOPELLI : chacun cherche à sa façon, à protéger  et promouvoir la vie et la continuité des savoirs. Pour notre gouvernement, tout cela est devenu répréhensible ! Face à ses contradictions, entre ses déclarations enflammées du Grenelle de l’Environnement et les condamnations qu’il obtient contre les défenseurs de la biodiversité, gageons que l’état français mettra un point d’honneur à prendre en réelle considération le devenir des générations futures.

L’association KOKOPELLI a toujours proposé la résistance fertile  non violente et le dialogue, peut-être étions-nous trop en avance ? Mais maintenant, sauver la biodiversité est d’une extrême urgence. Si l’agriculture productiviste que protége le gouvernement se trompe, vous trompe, nous trompe, quelle stratégie de repli aurons-nous ? Si nos élus ont contribué à éradiquer notre patrimoine semencier alimentaire ?

La solution est dans votre camp, mesdames et messieurs nos gouvernants. Une fois, vous avez pu revendiquer « responsables, mais pas coupables ». Devant la faim du peuple, cet argument ne tient pas.

N’obscurcissez pas l’avenir, il l’est déjà suffisamment.

Mais peut-être faut-il lancer un appel : aux semences, citoyens !

Raoul Jacquin

Ce communiqué est consultable sur notre site

Association Kokopelli,
le Lien : http://www.kokopelli.asso.fr/index.htmlundefined

par Magali Braconnot publié dans : Ecologie
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Mardi 8 janvier 2008
panneaux-insolites-animaux-insolites-france-1149063933-1105429.jpg Je vous souhaite
une très belle année 2008 !

En 2005 nous votions NON. Il était question de refuser un tarité Européen ultra libéral. Nous étions les moutons noirs...mais nous avons gagné !
En 2008 il est question d'adopter un traité Européen soit-disant modifié, sans nous demander notre avis.
Une grande preuve de démocratie et de respect des citoyens...
Ben oui, pour nous c'est toujours NON !
 
Rendez-vous le 3 février à Aubagne pour le crier haut et fort !


TRAITÉ EUROPÉEN
Ce que le Peuple a fait, seul le peuple peut le défaire
NOUS VOULONS UN RÉFÉRENDUM !
meeting national
Centre des Congrès Agora
à AUBAGNE
dimanche 3 février 17h
Comité National pour un Référendum

trait---Europ--en.jpg

par Magali Braconnot publié dans : Europe
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Dimanche 23 décembre 2007

investiture-morales.jpgEn Bolivie, la démocratie en péril, par Danielle Mitterrand

LE MONDE | 21.12.07 | 14h05 • Mis à jour le 21.12.07 | 14h05

Comme l’Europe l’a appris cruellement à ses dépens, la démocratie a sans cesse besoin d’être vécue, réinventée, défendue aussi bien à l’intérieur de nos pays démocratiques que dans le reste du monde. Aucune démocratie n’est une île. Les démocraties se doivent mutuellement assistance. Aujourd’hui, j’en appelle donc à nos dirigeants et à nos grands organes de presse : oui, je l’affirme, la jeune démocratie bolivienne court un mortel danger.

En 2005, un président et son gouvernement sont largement élus par plus de 60 % des électeurs, alors même qu’une grande partie de leurs électeurs potentiels, indigènes, ne sont pas inscrits sur les listes électorales, car ils n’ont même pas d’état civil.

Les grandes orientations politiques de ce gouvernement ont été approuvées massivement par référendum avant même cette élection, et notamment la nationalisation des richesses naturelles pour une meilleure redistribution et la convocation d’une Assemblée constituante.

Pourquoi une nouvelle Constitution est-elle indispensable ? Pour la raison bien simple que l’ancienne Constitution date de 1967, une époque où, en Amérique latine, les populations indigènes - qui représentent en Bolivie 75 % de la population - étaient totalement exclues de toute citoyenneté.

Les travaux de l’Assemblée constituante bolivienne ont été depuis les origines constamment entravés par les manoeuvres et le boycottage des anciennes oligarchies, qui ne supportent pas de perdre leurs privilèges économiques et politiques. L’opposition minoritaire pousse le cynisme jusqu’à travestir son refus de la sanction des urnes avec le masque de la défense de la démocratie. Elle réagit par le boycottage, les agressions dans la rue, l’intimidation des élus, dans le droit-fil des massacres perpétrés sur des civils désarmés par l’ancien président Sanchez de Lozada en 2003, lequel est d’ailleurs toujours poursuivi pour ces crimes et réfugié aux Etats-Unis.

A la faveur d’un chaos soigneusement orchestré renaissent les menaces séparatistes des provinces les plus riches, qui refusent le jeu démocratique et ne veulent pas "payer pour les régions pauvres".

Des groupes d’activistes néofascistes et des bandes paramilitaires subventionnées par la grande bourgeoisie et certains intérêts étrangers installent un climat de peur dans les communautés indigènes. Rappelons-nous ce que sont devenus la Colombie et le Guatemala, rappelons-nous surtout la démocratie chilienne, assassinée le 11 septembre 1973 après un processus identique de déstabilisation.

On peut tuer une démocratie aussi par la désinformation. Non, Evo Morales n’est pas un dictateur. Non, il n’est pas à la tête d’un syndicat de trafiquants de cocaïne. Ces images caricaturales sont véhiculées chez nous sans la moindre objectivité, comme si l’intrusion d’un président indigène et la montée en puissance de citoyens électeurs indigènes étaient insupportables, non seulement aux oligarchies latino-américaines, mais aussi à la presse bien pensante occidentale.

Comme pour démentir encore plus le mensonge organisé, Evo Morales appelle au dialogue, refuse d’envoyer l’armée et met même son mandat dans la balance.

J’en appelle solennellement aux défenseurs de la démocratie, à nos dirigeants, à nos intellectuels, à nos médias. Attendrons-nous qu’Evo Morales connaisse le sort de Salvador Allende pour pleurer sur le sort de la démocratie bolivienne ?

La démocratie est valable pour tous ou pour personne. Si nous la chérissons chez nous, nous devons la défendre partout où elle est menacée. Il ne nous revient pas, comme certains le prétendent avec arrogance, d’aller l’installer chez les autres par la force des armes ; en revanche, il nous revient de la protéger chez nous avec toute la force de notre conviction et d’être aux côtés de ceux qui l’ont installée chez eux.daniellemitterrand.jpg

par Magali Braconnot publié dans : International
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Vendredi 14 décembre 2007
Bientôt Noël et la fête du commerce...

Je ne suis pas contre les fêtes et les cadeaux !
Mais pour éviter de faire la fête et de s'offrir des cadeaux sur le dos des travailleurs exploités ou de participer à la ruine de la planète, il faut être un peu créatifs, en tous cas cohérents !

Alors bien sûr, il y a les livres. Quelques idées dans ma rubrique "Des livres" (à acheter dans une librairie bien sûr, pas en grande surface !!!)
par Magali Braconnot publié dans : Actualité
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Mercredi 21 novembre 2007
Vas-y, rejoue z'en moi, de ton pipeau en bois
lien : http://recits.blogs.liberation.fr/thierry_pelletier/2007/11/vas-y-rejoue-ze.html

Vu de mon trou, la grève, c'est un peu une abstraction, y'a pas de transports en commun dans nos campagnes, pas plus de facs ni même de lycées, si ça continue, d'ici quelques années, y'aura même plus d'écoles primaires.

Il a fallu que je me casse le nez, hier, devant l'antenne du trésor public qui siège (pour combien de temps encore ? ) dans la mégapole de 300 habitants, à 15 bornes de chez moi, pour que je me souvienne qu'on était le jour de la grande manif.

Je voulais m'excuser auprès de mon percepteur de faire partie de cette ridicule minorité de mauvais coucheurs prétentieux qui n'a pas de télé, n'en veut pas, et que par conséquent la redevance audiovisuelle de 116 euros, ça m'emballait pas franchement de la payer.
Sinon, pour faire grève, c'est tout de même plus pratique d'avoir un taf, moi j'en suis de nouveau, comme pas mal de clampins, à chercher du boulot, tintin reporter (voir le billet Ça me coûte pas cher d'aller travailler...) c'est fini.

Un de mes derniers reportages s'est déroulé à l'ANPE, la presse y était invitée par des assos d'insertion dans le cadre de «la semaine d'accession à l'emploi des handicapés». J'étais bien content d'y aller en invité pour une fois, pas comme client. Une dame très gentille avec un gros badge m'a proposé un café, y'avait des petits gâteaux... La conférence de presse avait bien commencé, les divers intervenants récitaient leur texte avec conviction. Ça ronronnait gentiment, des centaines de «placements» revendiqués par an, des campagnes d'information auprès des employeurs sur le thème «les handicapés sont des salariés comme les autres», du financement d'installation de matériel adapté, que des bonnes nouvelles et des chouettes bonnes idées, mais tout ça, c'était rien à côté de la grande opération de la journée, une innovation dont ils n'étaient pas peu fiers.

Dans une salle attenante, une séance de «job dating» mettait une trentaine d'employeurs aux prises avec une centaine de handicapés qui disposaient de dix minutes chacun pour «séduire» le chef d'entreprise. Tous ces «demandeurs d'emploi» avaient été préparés à l'épreuve, après une première pré-sélection, par des ateliers d'une demi-journée de simulations d'entretiens d'embauche. Ça fait du boulot, de la prestation de services, pour tous les professionnels de «l'accompagnement», de «l'insertion», ce genre de camps d'entraînement, généralement sous traités, et puis ça occupe les chômeurs, important ça.

Je voulais pas gâcher la bonne ambiance qui régnait entre nous, pourtant j'ai bien senti que je gaffais, que je cassais un peu le bon délire, quand j'ai demandé ce que signifiait la présence de Manpower en bas de l'affiche qui faisait la pub pour cette magnifique «semaine d'actions».

Une dame de l'ANPE avec un gros badge m'a expliqué bien patiemment que la célèbre entreprise philantropique en question possédait des «outils» de recherche de profils dont l'ANPE ne disposait pas. J'ai
trouvé ça vague, j'ai failli demander pourquoi on supprimait pas, dans ce cas, une institution aussi obsolète, mais j'ai préféré écraser.

La cérémonie a repris son cours et les prédicateurs badgés ont recommencé à se chauffer. Début de transe pour celui qui nous explique que l'insertion des handicapés est super importante pour des tas de raisons éthiques, évidemment, mais économiques également, car nous allons connaître bientôt une pénurie de main d'œuvre ! Et moi qui croyait, ballot, qu'à force de délocalisations et de coupes claires dans le secteur public, le chômage faisait rien qu'à augmenter, j'avais comme d'habitude un train de retard. Je vais peut- être m'acheter une télé finalement, ça m'évitera de passer pour un con la prochaine fois.

L'ambiance est encore montée d'un cran, les défis du plus beau slam en langue de bois se succèdent, jusqu'à l'intervention exaltée d'une sémillante quadragénaire, responsable d'agence. C'est bien beau d'insérer les handicapés au monde du travail, explique-t-elle, mais faudrait voir à pas oublier que le travail génère parfois du handicap, des accidents, et qu'avec l'allongement des années de travail, certains salariés ne sont plus aptes à tenir leur emploi. On va donc leur proposer des postes aménagés pour leur permettre de finir leur temps et leur éviter d'avoir à en passer par la médecine du travail, qui les renverrait à l'inaction et annihilerait tous ces beaux efforts, en faisant augmenter de nouveau le nombre de handicapés au chômage.

Je me risque à objecter qu'il est peut-être plus important de dédommager les victimes de maladies professionnelles que de les maintenir à tout prix en emploi, que dans bien des cas on travaille pour vivre et non pas le contraire, que c'est peut-être le travail qui n'est pas adapté à l'humain plutôt que le salarié qui serait
«inapte» à l'emploi, que toutes ces constatations prouvent bien qu'il est absurde de vouloir faire marner les gens jusqu'à 65 ans, et que commencer par imposer des conditions de travail dignes et humaines
serait moins coûteux et plus juste.
Froid glacial, les badges se regardent, qui a laissé rentrer ce con, proclament leurs regards aterrés. Ma quadra se rebiffe : «Mais pas du tout, les gens veulent travailler, et puis nous faisons de la prévention, nous avons obtenu des sièges rotatifs pour les caissières qui leur évitent de s'abîmer le dos.»

Je lui expliquerais bien qu'exercer un métier qu'on aime est un luxe aussi rare que précieux, que les gens veulent surtout du pognon pour vivre, que si le boulot était si épanouissant la Française des Jeux se ferait un peu moins de ronds, que tous les gratteurs de tiksons rêvent d'échapper au salariat ou à la précarité, qu'on est rarement caissière par vocation, qu'elles doivent être bien contentes de préserver leur dos, mais qu'elles aimeraient peut-être bien sortir de leur caisse, qu'aucun être humain ne mérite de faire exactement les mêmes gestes pendant quarante ans de sa vie, qu'aucun organisme n'y résiste.

J'aimerais lui dire aussi que j'en ai plein le cul de passer mes journées à faire du publi-reportage pour des associations d'«insertion» qui se gavent d'argent public à faire croire à des gens fatigués, fauchés, rincés qu'ils vont leur trouver du boulot, et les «accompagnent» de stages bidon en «contrats aidés» vers nulle part, que la misère est une manne inépuisable pour tous ces lycaons débonnaires qui se multiplient indéfiniment, augmentant sans cesse le nombre d'intermédiaires entre le pauvre con qui voudrait juste bosser
et l'arlésienne, l'employeur. J'aimerais qu'elle comprenne qu'on veut bien taffer, pas trop le choix, mais qu'il faudrait arrêter de nous présenter le salariat comme l'horizon indépassable de l'épanouissement individuel, que c'est pas gentil de se foutre de nous.

Mes collègues me matent énervés, mes conneries ça retarde tout le monde, on a des articles à taper, c'est bon, je ferme ma bouche, on se quitte bons amis, les gros badges nous offrent des agendas et un porte- clefs.

J'y retourne la semaine prochaine, pour me réinscrire, j'espère qu'il reste des petits gâteaux.
par Magali Braconnot publié dans : Coup de gueule
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