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Parce que d'autres mondes sont possibles et nécessaires, il est urgent de proposer des alternatives à la marchandisation généralisée. Résister, lutter, proposer, agir ensemble pour des sociétés solidaires, féministes, écologistes, autogestionnaires, antiracistes !

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Samedi 10 mars 2012 6 10 /03 /Mars /2012 17:04

47625687_09097de874.jpgLes faux nez féministes du gouvernement
Caroline de Haas, Christiane Marty, Maya Surduts,
membres de la Fondation Copernic
Tribune parue dans le dernier Politis

« Toutes les civilisations ne se valent pas » a affirmé Claude Guéant en mettant à l’appui de
son propos l’exemple de l’égalité entre les hommes et les femmes et de « la dignité de la
femme ». Propos relayé par Nicolas Sarkozy qui renchérit sur la moindre valeur d’une société
qui « n’accorde pas la même place aux hommes et aux femmes », et par d’autres
personnalités du gouvernement, comme Xavier Bertrand qui choisit les « civilisations permettant à la femme de s’émanciper». Nos gouvernants seraient des féministes et on ne
le savait pas !
Passons sur l’emploi du singulier : parler de « la » femme, en l’essentialisant donc, et non « des » femmes dans toute leur diversité, trahit le dilettantisme. Mais l’essentiel est ailleurs. Il est dans l’indécence de cette promotion des droits des femmes de la part de membres au plus haut niveau d’un gouvernement qui n’a absolument rien fait pour les faire avancer !
Alors que les inégalités de salaires entre les hommes et les femmes (27%) ne diminuent plus depuis le milieu des années 1990, que la plupart des femmes restent cantonnées dans quelques professions sous‐valorisées, qu’elles sont concernées au premier plan par la précarité, notamment les familles monoparentales, les immigrées, les retraitées, alors que le plafond de verre ‐ le plancher collant, comme disent les Québécoises ‐ se révèle d’une résistance à toute épreuve, un gouvernement soucieux d’égalité aurait depuis longtemps engagé une véritable politique dans ce domaine.
Non seulement il n’en est rien, mais les politiques menées ‐ l’austérité présentée comme irrémédiable, la casse de la protection sociale et des services publics, etc. ‐ vont à l’opposé de l’égalité entre les sexes. Les « réformes » des retraites de 2003 puis 2010 en sont un révélateur. Alors que la pension moyenne des femmes, tout compris, ne représente que 62% de celle des hommes, les réformes renforcent encore cette inégalité en touchant de manière disproportionnée les femmes. Même la Commission européenne note que « la paupérisation menace les retraités, et les femmes âgées constituent un des groupes les plus exposés au risque de pauvreté ».
M. Bertrand, ministre du travail, dit choisir l’émancipation des femmes, dont on sait qu’elle passe par l’autonomie financière et l’emploi : quand s’est‐il donc préoccupé du chômage des femmes, systématiquement supérieur à celui des hommes quelle que soit la tranche d’âge ? Il s’abrite derrière la crise pour expliquer la situation dégradée de l’emploi : mais le surchômage des femmes, leur surreprésentation dans le temps partiel et les emplois
précaires datent de bien avant la crise. Rien n’a été entrepris pour y remédier.


Nos gouvernants en habits de féministes permettent‐ils l’émancipation des femmes quand ils font des coupes sombres dans les budgets de services essentiels pour elles (pour les hommes aussi en théorie) tels que l’accueil de la petite enfance, les services sociaux et la santé ? Pensent‐ils agir pour les droits des femmes lorsqu’ils décident la fermeture de nombreux centres d’interruption volontaire de grossesse, maternités ou encore classes
maternelles ?
Où est le souci pour la dignité des femmes quand rien n’est fait contre la part croissante de femmes en situation de pauvreté et l’augmentation de la traite à des fins de prostitution, que dénoncent les organisations sur le terrain ? Quand malgré le niveau alarmant des violences faites aux femmes, les subventions aux associations concernées sont fortement
réduites.


Le Président affirme que les femmes doivent avoir la même place que les hommes : pourtant, elles ne représentent que 26% du gouvernement et 20% des ministres.

Il n’existe plus de Ministère des droits des femmes, ni même de Secrétariat, mais simplement un dossier parmi d’autres attribué au ministère des solidarités et de la cohésion sociale.
Outre le cynisme de ce discours pseudo‐féministe en opposition si manifeste avec les actes, ce qui est inacceptable, c’est l’instrumentalisation des femmes dans cette rhétorique sur les civilisations : leur émancipation est mise au service d’une stigmatisation de l’islam, même s’il n’est pas nommé. Ce n’est pas la première fois que la droite tente de récupérer le féminisme en faisant mine d’ignorer qu’aucune religion n’accorde une place égale aux femmes et aux hommes.


Certains s’agacent de la célébration d’une journée des droits des femmes le 8 mars. Les féministes préfèreraient à coup sûr qu’il n’y en ait jamais eu besoin. Mais tant qu’il y aura des femmes exploitées, opprimées, battues, violées, prostituées, précarisées, tant qu’il n’y aura pas de vraie politique pour mettre fin au patriarcat, tant que la ligne politique sera de marchandiser la protection sociale pour l’offrir aux profits privés, cette journée aura un sens.
Le féminisme a besoin de l’engagement de tous, femmes et hommes, pour construire une société réellement progressiste.

Par Magali Braconnot - Publié dans : Féminisme
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Vendredi 10 février 2012 5 10 /02 /Fév /2012 12:13

La grammaire française : une inégalité bien réelle

source :

http://lespoupeesenpantalon.blogspot.com/2012/02/la-grammaire-francaise-une-inegalite.html#more

 

Pour ceux et celles à qui échapperait la nécessité de réformer la langue française au profit de l'égalité des genres, voici un exemple qui vaudra mieux que tous les discours.
Soit un texte en deux versions.
Version 1 : sont ici appliquées les règles grammaticales en cours, à savoir celles du masculin comme neutre pluriel.
Ce jour-là, les révolutionnaires marchaient dans les rues en chantant.
« A bas la dictature ! », criaient-ils en brandissant le poing. Certains sortaient du cortège pour appeler les passants et les inciter à les rejoindre, d'autres portaient haut leur bannière. La préparation avait été longue mais festive : on avait bu, on avait ri, on avait inventé des slogans bons à crier à la face des tyrans. Hommes et femmes s'y étaient mis : ils avaient tracé de grandes lettres noires et rouges sur les drapeaux, avaient confectionné des brassards, puis ils s'étaient tous donné rendez-vous pour le lendemain, aux aurores. Maintenant, unis et fiers, beaux et grands, enfin libres et dignes par la force de leur propre volonté d'émancipation, ils marchaient vers le palais, armés de leur seule conviction de mériter mieux que ce qu'on leur donnait.
Rien ne vous choque ? C'est normal, c'est l'habitude.
Version 2 : dans ce texte, la règle est inversée. Le neutre pluriel est exprimé par le féminin, comme si la règle était : « le féminin l'emporte sur le masculin »
Ce jour-là, les révolutionnaires marchaient dans les rues en chantant.
« A bas la dictature ! », criaient-elles en brandissant le poing. Certaines sortaient du cortège pour appeler les passantes et les inciter à les rejoindre, d'autres portaient haut leur bannière. La préparation avait été longue mais festive : on avait bu, on avait ri, on avait inventé des slogans bons à crier à la face des tyranes. Hommes et femmes s'y étaient mises : elles avaient tracé de grandes lettres noires et rouges sur les drapeaux, avaient confectionné des brassards, puis elles s'étaient toutes donné rendez-vous pour le lendemain, aux aurores. Maintenant, unies et fières, belles et grandes, enfin libres et dignes par la force de leur propre volonté d'émancipation, elles marchaient vers le palais, armées de leur seule conviction de mériter mieux que ce qu'on leur donnait.
Choquant, non ? Et révélateur, car dans cette expérience, vous observerez que :
- seul « on » a une véritable valeur de neutre
- les « ils » sont remplacés par des « elles »
- les adjectifs féminins sont partout
- même si les hommes sont mentionnés une fois, on a l'impression qu'il n'y a que des femmes dans cette révolution. Les hommes ont complètement disparu du texte, ils n'existent plus. Ca vous fait violence, Messieurs ? A nous aussi, chaque jour de notre vie, quand on nous évince des grands discours, de la littérature, des livres d'histoire officielle.
En définitive, toute règle grammaticale qui dicte qu'un genre l'emporte sur l'autre invisibilise le second. Cet exemple vous montre-t-il enfin quelle violence symbolique les femmes subissent chaque jour, et depuis leur plus jeune âge, à cause de l'application de ces règles grammaticales machistes et désuètes, justifiées par l'abbé Bouhours en ces termes, en 1675 : « Lorsque les deux genres se rencontrent, il faut que le plus noble l'emporte », et par un 18e siècle qui considère la supériorité masculine comme allant de soi ?1 Qu'on ne nous dise plus que ces histoires de langue n'ont aucune importance, qu'elles sont secondaires ! Non seulement elles prennent leur source dans la domination masculine, mais en plus elles instillent à des générations et des générations de petites filles l'idée qu'elles valent moins que les garçons et que l'histoire de l'humanité s'est faite sans elles. D'ailleurs, l'histoire ne s'adresse pas à elles. Il suffit de penser aux expressions telles que « l'homme » ou « les hommes » quand il s'agit de l'humanité : comme invisibilisation des femmes, on ne fait pas mieux. Si je vous dis : « les femmes naissent et demeurent libres et égales en droits », vous vous sentez inclus ? Non ? Evidemment ! On en a marre des « droits de l'homme et du citoyen », et de la « déclaration universelle des droits de l'homme ». C'est tellement universel que les femmes ne sont même pas visibles dans le titre ! Et quand on lit que « le suffrage universel a été instauré en 1793 », on croit qu'il s'agit des femmes aussi. Mais non ! « Universel » signifie « hommes » ! Pour les femmes, il faudra attendre 1944, soit 153 ans. On pourrait multiplier les exemples. Si vous êtes un homme, demandez-vous quel effet aurait pour vous de vivre dans un monde où on vous dit « les femmes naissent et demeurent libres et égales en droit » ! Ne vous sentiriez-vous écrasés, dominés, diminués, insignifiants ? Ne trouveriez-vous pas que l'injustice qui vous est faite est grande ? N'auriez-vous pas envie de changer les choses ? Si ? Vous auriez raison ! Alors changez les choses maintenant, même si vous êtes de l'autre côté de la barrière.
Pour finir, je préconise de réinventer la langue et de ne pas fixer de règles. Pourquoi pas des « ils étaient belles » et des « elles étaient beaux » pour indiquer qu'il y a des hommes et des femmes. Pourquoi pas des mélanges sans académisme, avec un libre choix de la formulation ?
Pourquoi ne pas avoir le choix entre « Pascal et Séverine sont réalisateurs » et « Pascal et Séverine sont réalisatrices ? » Pourquoi ne pas laisser une vraie liberté aux gens ? Ca changerait des règles ! On respirerait un peu plus.
Et pourquoi ne pas féminiser librement tous les noms qui ne le sont pas, alors que la réalité de nos vies en a besoin ?
N'hésitez pas à le faire, même si ce n'est pas académique : ce n'est pas nous qui suivons le mouvement de l'académie, c'est elle qui nous suit. La langue change au gré de nos inventions à nous : les dictionnaires ne font que fixer en règles des usages devenus trop forts et trop répandus pour pouvoir reculer encore. Agissez, changez la langue, vous changerez un peu la société.
Virginie
1Si on en croit l'article paru dans Le Monde, le 14 janvier 2012, intitulé « Genre, le désaccord ». Il y est dit aussi que Vaugelas, grammairien du 17e siècle, était favorable à la règle de proximité, contrairement aux informations colportées partout sur lui. Tout cela reste à vérifier.
Par Magali Braconnot - Publié dans : Féminisme
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Samedi 21 janvier 2012 6 21 /01 /Jan /2012 00:16

Et non, ce n'est sans doute pas un chat qu'il faut élire au pays des souris !

Ils votent des lois, de bonne lois, mais pour les chats ! Pas pour les souris !

Le discours de Tommy Douglas en 1944 au Canada raconte une parabole qui raisonne étonnament d'actualité !

 

 

Par Magali Braconnot - Publié dans : Elections
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Mercredi 18 janvier 2012 3 18 /01 /Jan /2012 11:36

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http://www.scienceshumaines.com/jouets-des-catalogues-plus-que-jamais-en-rose-et-bleu_fr_28286.html
Jouets : des catalogues plus que jamais en rose et bleu
Xavier Molénat
 
Publié le 19/12/2011
Univers de garçon, univers de fille : dans les catalogues de jouets, la mise en scène des différences de genre n'a cessé de s'accroître et de se sophistiquer depuis trente ans.
Difficile d'y échapper en cette période de Noël : les catalogues de jouets envahissent les boîtes aux lettres et les halls des magasins. Pour guider enfants et adultes dans leur choix, le rubriquage se révèle la plupart du temps peu original, avec notamment de belles pages d'un bleu profond pour présenter les jouets destinés aux garçons, de belles pages d'un doux rose pâle pour présenter « l'univers des filles »... Une telle division peut sembler naturelle ou agacer, elle semble en tout cas semble être devenu une règle dans le commerce.
 
Une distinction omniprésente
    Mais en a-t-il toujours été ainsi ? Doctorante et ATER à l'université de Nanterre, la sociologue Mona Zegai, qui mène actuellement une recherche sur les discours dans le monde du jouet et leur transformation, montre contre toute attente que la généralisation des catégories « garçons » et « filles » est relativement récente, puisqu'elle remontrait seulement au début des années 1990. Avant 1992, en effet, on retrouve quelques exemples de division sexuée, mais ce sont essentiellement des catégories fondées sur l'âge, le type de jouet ou l'activité qu'ils permettent, qui sont alors utilisées : poupées, voitures, construction, lecture... A l'inverse, l'analyse des catalogues de Noël édités par Auchan, Carrefour ou encore la Grande récré entre 2005 et 2007 révèle que les pages filles/garçons représentent en moyenne un tiers des pages. N'échappent à leur emprise que les « jouets 1er âge » (âge donc supposé neutre), les jeux de société, les loisirs (DVD, jeux vidéo) ou les cycles, par exemple. Ce ne sont donc pas (ou pas seulement) les jouets qui confortent les clivages de genre, c'est aussi la façon dont ils sont présentés.
 
Couleurs, typographie, argumentaires : la mise en scène des différences
    M. Zegai montre par ailleurs que le changement n'est pas seulement quantitatif : tout, dans la sophistication progressive de la mise en scène des catalogues, construit des univers de jeux filles/garçons de plus en plus fortement différenciés. Ainsi des codes couleurs : la dichotomie Bleu-garçon / Rose-fille s'est imposée avec une telle force qu'on peine à imaginer une image sur fond rose d'un petit garçon jouant avec son atelier de bricolage. On la trouve pourtant dans catalogue Toys'R'Us de 1993 ! Le renforcement des différences de genre passe également par les photos d'enfants en situation (garçons jouant à la voiture, fillettes tenant un poupon dans leurs bras), qui se multiplie au cours des années. En 1988, le catalogue Carrefour comporte par exemple 8 photos de garçons seuls et 2 de filles seules. En 2010, on en trouve respectivement 29 et 8 (l'activité ludique serait-elle plus masculine ? Ou bien les garçons sont-ils considérés comme des enfants « génériques » ?).
    Autre élément de différenciation : les polices de caractère, qui évoquent pour les garçons vitesse et technique (utilisation d'italique et de typographies type « machine à écrire »), et pour les filles amour et douceur (polices arrondies, coeurs à la place des points sur les i...). M Zegai remarque enfin que les argumentaires de vente sont de plus en plus élaborées : minimalistes dans les années 1980 (« Poupée chiffon "Brigitte", 50 cm, suce son pouce »), ils impliquent désormais « des techniques discursives commerciales basées sur la mise en scène de l'activité ludique et l'implication du lecteur » (« Poupée Charlotte et Livre Interactif : Avec son livre interactif de 20 pages, cette grande poupée chiffon parfumée de 40 cm parle, chante et joue avec toi à 8 activités vraiment sympas ! Piles incluses. »). L'occasion, là encore, de renforcer l'attribution du jouet à l'un des deux sexes (« Mon détecteur de secrets : Un jeu réservé aux filles avec détecteur de secrets qui révèlera qui est honnête ou menteuse. »). Une stratégie que l'on retrouve même, paradoxalement, dans les quelques catalogues qui ne proposent pas de catégorisation garçons et filles, à l'instar d'Oxybulle qui, cette année, présente par exemple un tapis de jeux comme « un vrai rêve de petit garçon » http://www.eveiletjeux.com/produit-801151/tapis-route.htm.
 
Reflet ou exacerbation de la réalité ?
    Comment alors expliquer ce renforcement des stéréotypes de genre ? L'interview d'un cadre de La Grande récré par M. Zegai semble indiquer que, du point de vue des professionnels, la société reste largement inégalitaire (« Même si beaucoup de gens vous disent qu'on est sur une égalité entre l'homme et la femme (...) la réalité du foyer elle est tout autre, c'est la maman qui fait le ménage, c'est la maman qui fait les courses, c'est la maman qui fait à manger, et le papa lui il glande devant la télé, c'est caricatural mais c'est un petit peu ça »), que les enfants fonctionnent largement à l'imitation du parent du même sexe, et que les fabricants ne peuvent que s'adapter à cet état de fait : « « le jouet c'est le reflet de la société, donc le jouet il avance en même temps que la société elle avance ».
    Cependant, souligne la sociologue, les catalogues reflètent moins la réalité qu'ils ne l'exacerbent, malgré l'insistance sur le caractère réaliste des jouets présentés (le poupon « pleure de vraies larmes », l'aspirateur « aspire vraiment », on peut « faire ses courses comme dans un vrai supermarché », utiliser « une pelleteuse plus vraie que nature »...) . Aussi faible soit-il dans la « vraie vie » le travail domestique masculin, n'est, par exemple, quasiment jamais mis en scène, hormis quelques évocations du bricolage et, très ponctuellement, de la cuisine. De même, les activités féminines se restreignent presque exclusivement à la sphère domestique. Et quand des activités professionnelles sont présentées, ce ne sont que des métiers « ultra-sexués » : infirmière ou mannequin pour les filles, pompier ou ouvrier pour les garçons. Resterait désormais à comprendre pourquoi cette catégorisation et ses stéréotypes se sont renforcés dans le monde du jouet, alors qu'ils font l'objet de remises en cause de plus en plus nombreuses dans la société.
 
A lire :

Mona Zegai, « Trente ans de catalogues de jouets : mouvances et permanences des catégories de genre », in Actes du colloque Enfance et cultures : regards des sciences humaines et sociales, Sylvie Octobre et Régine Sirota (dir), [en ligne] http://www.enfanceetcultures.culture.gouv.fr/actes/zegai.pdf Paris, 2010.
Mona Zegai, « La mise en scène de la différence des sexes dans les jouets et leurs espaces de commercialisation », Les cahiers du genre, n°49, 2010
http://www.cairn.info/resume.php?ID_ARTICLE=CDGE_049_0035
Mona Zegai, « La fabrique du genre à travers le jouet », Chantiers politiques, n° 6, 2008
http://monille.free.fr/Mona%20Zegai%20%20Article%20Chantiers%20Politiques%202008.pdf

Sur le même sujet, dans SH :
http://www.scienceshumaines.com/des-jouets-qui-cachent-bien-leur-jeu_fr_4293.html

 

Par Magali Braconnot - Publié dans : Féminisme
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Lundi 2 janvier 2012 1 02 /01 /Jan /2012 15:28

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Ce n'est pas une surprise, mais c'est intéressant de détailler à quel point l'action du président Sarkozy est toxique.

 

Consulter l'abécédaire des promesses non tenues de Nicolas Sarkozy :

cliquer ici

Par Magali Braconnot - Publié dans : Anti Sarko
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Samedi 15 octobre 2011 6 15 /10 /Oct /2011 14:43

Une vidéo pour comprendre le lien entre système marchand et éducation.

Ou comment penser autrement l'éducation...bien necessaire en ces temps de crises tous azimuts et de casse des services publics.

 

 

l'éducat
Par Magali Braconnot - Publié dans : Education
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Mercredi 15 juin 2011 3 15 /06 /Juin /2011 23:28

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Par Magali Braconnot - Publié dans : Actualité
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Vendredi 3 juin 2011 5 03 /06 /Juin /2011 13:48

Exploitation du gaz de schiste, une impasse nauséabonde !

Le 1er mars 2010, le « Ministère de l'Ecologie » octroyait en catimini à plusieurs compagnies extractives des permis d'exploration pour rechercher du gaz de schiste sur plus de 4000 km2 autour du plateau du Larzac et ailleurs, soit 1% du territoire français. Cela inclut des secteurs comprenant des sites Seveso et des zones fortement nucléarisées. Cette décision a été prise en toute opacité, et en tout déni de démocratIe. Elle est inacceptable.

3 ans après le lancement tonitruant du Grenelle de l'Environnement, les gaz de schiste font figure de nouvelle bulle spéculative censée doper la croissance verte aux mains des multinationales de l'énergie en quête de solutions à la raréfaction pétrolière.

Or si le gaz conventionnel contribue moins au changement climatique que le charbon, il en va tout autrement du gaz de schiste, en raison de ses techniques d'extraction. Celles-ci, voraces en eau, destructrices pour les paysages et les terres agricoles, sont par ailleurs déjà responsables en Amérique du Nord de graves pollutions atmosphériques et des nappes phréatiques. Les microséismes qu'elles engendrent pourraient en outre avoir des conséquences gravissimes dans des régions aussi peuplées que l'Europe. Ni ici, ni ailleurs, nous ne sommes prêts à payer ce prix pour une pseudo indépendance énergétique restant sous la coupe des multinationales.

Fuite en avant conditionnée par des choix politiques obéissant à la pression des multinationales (dont Total, European Gas Limited, Hess/Toreador, Schuepbach Energy, GDF Suez...), cette logique vise à pérenniser un modèle de développement énergétique et économique inéquitable, productiviste et confortant la consommations d'énergie fossile.

Pourtant, l'aggravation du contexte de crise climatique impose de sortir de ce modèle et d'inventer une logique économique réellement alternative pour préparer dès aujourd'hui une société de sobriété énergétique.

Beaucoup de citoyennes et citoyens le savent : il est temps que les élus les suivent et exigent l'arrêt de l'exploration. Il faut inverser cette logique génératrice de dégâts irréversibles qui ne vise qu'à, en rajoutant sans cesse des unités de production énergétique, augmenter la valeur boursière des multinationales au détriment de ce qui est le plus essentiel à la vie.

Le gaz de schiste doit rester dans les roches. Quant au gaz naturel classique, il doit servir en priorité à fermer les plus vieilles et les plus dangereuses de nos centrales nucléaires, condition sine qua non d'un réel développement des énergies renouvelables (solaire, éolien, petit hydraulique et hydrolien, biomasse, production du biogaz à partir des déchets...) en accord avec les populations concernées.

Parmi nos propositions des Alternatifs figurent donc :

la création d'un véritable service public de la production et des économies d'énergie, affranchi des lobbys de l'atome et des hydrocarbures;

un plan de transition énergétique ambitieux donnant la priorité absolue aux économie d'énergie incluant un programme d'aide des particuliers à la rénovation thermique des bâtiments, incluant la mise en disposition de matériaux sains et simples à mettre en oeuvre ;

une réduction importante des transports par route, passant aussi par un réaménagement de l'urbanisme, une relocalisation et une décentralisation des activités, et une reconversion accompagnée de l'industrie automobile vers des secteurs écologiquement et socialement plus vertueux.

La coordination Générale des Alternatifs

Par Magali Braconnot - Publié dans : Ecologie
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Jeudi 2 juin 2011 4 02 /06 /Juin /2011 11:44

agriculture Bruno LE MAIRE, mInistre de l’Agriculture, de l’Alimentation, de la Pêche, de la Ruralité et de l’Aménagement du territoire organise la première réunion des ministres de l'Agriculture du G20, qui se déroulera les 22 et 23 juin 2011 à Paris.

D'après le ministre (propos recueillis sur le site du ministère de l'agriculture), les principales orientations des travaux de la Présidence française du G20 sur la volatilité des marchés agricoles et la prévention des crises alimentaires, concernent notamment :
- l’amélioration de la transparence des marchés agricoles ;
- une meilleure coordination pour prévenir et gérer les crises agricoles;
- la régulation des marchés financiers de dérivés de matières premières ;
- la situation des pays les plus vulnérables, notamment pour y relancer le développement durable de l'agriculture.
Ces objectifs seraient acceptables, si la volonté de contrôler la volatilité des prix s'appuyait :
- sur l'arrêt de la spéculation sur les marchés financiers de dérivés,
- sur le droit des pays à définir souverainement leurs politiques pour alimenter leur population,
- sur l'arrêt de la pression internationale pour les obliger à supprimer les taxes aux frontières et la régulation des prix agricoles internes,
- sur la mise en place des réserves alimentaires permettant de juguler la volatibilité des prix au plan national,etc.

Mais hélas ce n'est pas le cas !

Paysan-ne-s, consommateur-trice-s, citoyen-ne-s : nous sommes tous concerné-e-s ! Alors que le développement des agrocarburants, l'accaparement des terres, le réchauffement climatique, l'instabilité des prix, la main mise sur les semences, la pollution, la mise en cause de la biodiversité... menacent l'alimentation des peuples du monde entier (près d'un milliard de personnes souffrent de famine chronique d'après la FAO) et chassent les petit-te-s paysan-ne-s vers les bidonvilles,

! Nous vous appelons à vous mobiliser !
Faisons entendre notre voix
et la voix de celles et ceux qui ne sont pas représentés par les dirigeants des pays du G20
aux ministres de l'Agriculture, réunis ces 22 et 23 juin à Paris

TOUS le mercredi 22 juin à 12h
dans le jardin des Tuileries
côté place de la Concorde, près du musée de l'Orangerie

pour un pique nique festif, alternatif et actif !


à l'appel d' Artisans du Monde, ATTAC, la Confédération paysanne et Peuples Solidaires/ActionAid.
campagne soutenue par :
AITEC, Amis de la Terre, Campagne ‘Mondialisons nos Solidarités », CCFD – Terre Solidaire, Comité français pour la solidarité internationale (CFSI), CRID, Eau Vive, Élevages Sans Frontières, Fédération Syndicale Unitaire (FSU), Frères des Hommes, GRET, Ingénieurs Sans Frontières, Marche Mondiale des Femmes France, Oxfam France, Réseau Foi et Justice Afrique Europe, Ritimo, Solidarité, Terre des Hommes France, Union syndicale Solidaires.

Par Magali Braconnot - Publié dans : Agriculture
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Mardi 31 mai 2011 2 31 /05 /Mai /2011 12:42


Jean Baubérot:
«La laïcité de l'UMP, c'est une France discriminatoire»


Article publié le lun, 30/05/2011 - 14:52, par Lénaïg Bredoux - Mediapart.fr


Jean Baubérot est professeur émérite de la chaire Histoire et sociologie de la laïcité à l'Ecole pratique des hautes études, et auteur de nombreux ouvrages dont Laïcités sans frontières, cosigné par Micheline Milot (Seuil, janvier 2011), et deux «Que sais-je?» (Histoire de la laïcité en France et Les Laïcités dans le monde). Souvent présenté comme un partisan d'une «laïcité ouverte», il réfute cette expression et défend une laïcité assurant à la fois la neutralité de l'Etat et la liberté de conscience en démocratie. Entretien.


Comment réagissez-vous à la résolution sur la laïcité que doit présenter mardi l'UMP à l'Assemblée nationale?

Elle incarne une laïcité répressive. Or la laïcité doit à la fois combattre et pacifier. Historiquement, à travers des tensions internes et des tâtonnements, c'est ce qu'elle est parvenue à faire. Elle a réussi à construire des équilibres subtils qui, bon an mal an, ont fait fonctionner la République.
La laïcité «Umpétisée», en attendant d'être complètement lepénisée, n'est plus cela: quand on lit attentivement cette résolution, on s'aperçoit qu'elle est essentiellement souplesse à l'égard du catholicisme et fermeté à l'égard de l'islam.
L'interdiction pour les mères voilées d'accompagner les sorties scolaires, des femmes voilées dans les crèches, même privées, ou dans les sociétés privées qui concourent au service public, voire l'idée d'un «encadrement» des tenues dites religieuses dans les entreprises, tout cela risque de rendre très difficile pour ces personnes l'accès au marché du travail. Or c'est historiquement un facteur d'autonomie pour les femmes. Il est donc paradoxal de prétendre le faire au nom de leur émancipation. Cela n'a de logique propre que si on veut façonner les femmes qu'on dénonce, pour qu'elles ressemblent à ce qu'on les accuse d'être.

Plus généralement, quelles traces, selon vous, a laissé le «débat» organisé par l'UMP début avril sur l'islam et la laïcité?

Jean-François Copé a ouvert le débat en affirmant qu'il enlevait ainsi un argument électoral à Marine Le Pen. Or cela a justement contribué à la mettre au centre du débat. Marine Le Pen devient même la championne de la laïcité dominante. Mais face à cela, la gauche ne sait pas trop quoi dire. Certains, s'ils ne sont pas d'accord avec le débat, sont d'accord avec son résultat, c'est-à-dire les propositions faites par l'UMP. D'autres sont sur une position plus ferme selon laquelle c'est l'Etat qui doit être laïque, et pas une pseudo-laïcité imposée aux citoyens.
Or, depuis la création du Pacs, il n'y a plus d'avancée quant à l'Etat laïque: sur la bioéthique et l'euthanasie, la France est très timide. Pourtant, il s'agit là de séparer la loi de l'Etat et des morales religieuses.
Il faut donc reconstruire un discours offensif et dynamique de la gauche à opposer à la droite en terme de laïcité. Quel paradoxe quand on songe que, jusqu'aux années 1980, la laïcité était un des marqueurs de l'identité de gauche! Maintenant elle devient le marqueur d'une identité de droite et d'extrême droite. Ce sera un des enjeux majeurs de la campagne électorale.

Comment s'est opéré ce glissement de la notion de laïcité, de la gauche vers la droite?

Il y a eu une stratégie entamée en 2003 à la suite du 11 Septembre et de la victoire de Jacques Chirac face au Front national en 2002, avec le rapport de François Baroin en 2003. Son rapport intitulé «Pour une nouvelle laïcité» montre bien qu'il s'agit d'autre chose que de la laïcité historique, pour en faire une valeur de droite, sur le registre culturel et identitaire, et se démarquer des revendications identitaires qui seraient le fait des musulmans.

Au début des années 1980, la droite dure se manifestait plutôt par des polémiques contre les immigrés avec la thématique de l'envahissement, comme le montre une couverture du Figaro Magazine en 1985 avec pour question «Serons-nous encore français dans 30 ans?» (voir ci-contre) et pour illustration une Marianne portant un foulard. Plusieurs événements ont ensuite fait qu'il est apparu plus honorable de dénoncer un certain islam que les immigrés.
L'année 1989 est à ce titre cruciale: avec la première affaire du foulard, c'est le départ d'une laïcité de droite affirmée et l'année d'un clivage au sein de la gauche. Avec deux événements internationaux pour cadre: la fatwa de l'imam Khomenei contre Salman Rushdie qui a conduit à une peur de l'islam politique, et la chute du mur de Berlin. Avec la fin de l'antagonisme Est-Ouest, l'antagonisme par rapport à l'islam politique est devenu d'autant plus fort. C'est là qu'intervient en France la publication de deux manifestes, l'un dans Le Nouvel Observateur, l'autre dans Politis, avec, à chaque fois, des intellectuels de gauche défendant deux conceptions opposées de la laïcité, notamment à l'école.

C'est ensuite la guerre civile en Algérie dans les années 1990 qui repolitise le foulard. Avec le 11 Septembre, enfin, l'islam devient la représentation de l'immigration dangereuse. Et c'est là que Baroin a entamé le programme laïque de droite. Il avait une grande culture en la matière – son père était un des dirigeants du Grand Orient de France – et il avait compris qu'il n'y avait plus de dissensus entre la laïcité et l'électorat catholique de la droite, notamment après Vatican II.

Depuis, la droite a encore franchi un cap avec Nicolas Sarkozy, et sa revendication identitaire d'une France tournée vers ses «racines chrétiennes» et son refus d'accommodements envers l'islam. C'est cet usage de la laïcité qui est aujourd'hui dominant. Une laïcité transversale avec laquelle la droite est plus à l'aise que la gauche, car elle aboutit finalement à un discours anti-immigrés.

On semble ici bien loin de l'esprit des lois de 1905 dont l'UMP se revendique pourtant souvent. Qu'en est-il selon vous?

Ce n'est pas la laïcité de 1905, c'est une laïcité de religion civile, à la Rousseau. Au début du XXe siècle, deux visions se sont affrontées, avec la «laïcité intégrale» incarnée par Emile Combes, qui voyait les congréganistes comme l'UMP voit aujourd'hui les femmes portant le foulard, donc comme une menace pour la République, et ceux qui ont mis le holà. Clemenceau en 1903 tient un discours dans lequel il s'oppose à l'Etat laïque s'il signifie un Etat tout-puissant. Au moment de la loi de séparation, la gauche socialiste, avec Jaurès et Briand, écoute le centre-droit et intègre une partie de ses demandes.

Ceux qui se réclament de la loi de 1905 ne connaissent bien souvent pas son contenu: le texte rend en fait le plus facile possible la continuation de la religion en situation de séparation. La loi commence par la liberté de conscience: la neutralité de l'Etat est posée par rapport au contenu de la religion – ses doctrines –, mais l'Etat garantit le libre exercice de la religion et la liberté de conscience.
Les gens réduisent la loi de séparation à une partie de l'article 2 qui dit que l'Etat ne finance pas les cultes. Mais même l'article 2 est tout de suite suivi d'une exception, pour les aumôneries dans des lieux fermés (internats, hôpitaux, prisons, armée)! Et pourquoi une telle décision? Parce que, pour garantir la liberté de conscience, il faut parfois aller jusqu'à payer avec l'argent public...
Il y a aussi eu à l'époque un débat sur le port de la soutane. Certains estimaient qu'il fallait l'interdire, parce qu'elle était plus politique que religieuse et que, dans certains pays, les prêtres ne la portaient pas. Soit exactement les mêmes débats qu'aujourd'hui sur le voile! A l'époque, c'est Aristide Briand qui avait expliqué que la séparation des Églises et de l'Etat faisait que n'importe qui pouvait se promener en soutane et que la République ne garantissait plus aux curés le monopole de la soutane. C'est ça la laïcité!
La loi de 1905 libéralise aussi les processions religieuses. Comment peut-on dire aujourd'hui que ce texte interdit les prières de rue? On marche sur la tête. Le terme laïcité devient un terme magique qui permet aux gens de dire n'importe quoi.

Vous avez signé l'appel contre le «débat» de l'UMP publié dans Le Nouvel Observateur et Respect Magazine. Appel signé par Martine Aubry avant qu'elle ne se dédise en raison de la présence de Tariq Ramadan parmi les signataires. Comment réagissez-vous à cette décision?

Comment voulez-vous que la gauche s'en sorte si on est dans des débats comme cela? On signe un texte pour les idées qu'il exprime. A mon sens, cela n'est d'ailleurs nullement révélateur de la position de Martine Aubry elle-même, mais de certains rapports de force internes au sein de la gauche en général et du PS en particulier. Mais si le PS ne vote pas la résolution de l'UMP, cela constituerait une bonne nouvelle.
Par ailleurs, historiquement, il ne faut pas oublier qu'il y a eu une gauche antisémite, au nom de la lutte contre le capitalisme. Il peut aussi y avoir une gauche islamophobe par défense de valeurs libertaires, avec des glissements assez analogues avec ceux qui parlaient de capitalisme juif... On le voit par exemple avec les débats qui traversent les féministes. On est aujourd'hui beaucoup plus féministe radicale quand il s'agit de l'islam. On voit aussi que le soutien au printemps arabe est assez mou.

Puisque laïcité et immigration sont étroitement liées dans l'acception dominante, la gauche ne s'en sortira pas sans répéter que l'immigration est une chance pour la France. Car la reconstitution historique de Sarkozy est imaginaire et idyllique: il fait comme s'il n'y avait jamais eu persécution ou conflit politico-religieux sous la chrétienté. Autrement dit, comme si tout allait bien tant que l'islam n'était pas là. Finalement, on demande aux musulmans de s'intégrer à un patrimoine imaginaire, où ils ne peuvent donc être qu'en déficit permanent de laïcité, et où les autres religions l'ont, par définition, dans le sang. Y compris les Alsaciens-Mosellans qui vivent sous le concordat, et sont la seule région sous le contrôle de l'UMP!

Mais, comme le prétendent la droite, l'extrême droite et une partie de la gauche, l'islam pose-t-il un problème spécifique à la laïcité?


Bien sûr, les comportements de certains musulmans, comme de certains juifs orthodoxes par exemple, peuvent poser problème. Je ne l'ai jamais nié. Mais je pose deux questions qui me semblent essentielles. La première est la hiérarchie faite entre les problèmes qui traversent la société. Par exemple, sur les horaires des piscines: on peut avoir un débat mais désislamisons-le. Parce que les horaires non mixtes conviennent aussi aux juives orthodoxes et à des individualités. Et est-ce vraiment quelque chose de si énorme que la République soit en jeu? Est-ce plus important que le différentiel de salaire entre les femmes et les hommes? Cette hiérarchisation crée un climat malsain.

Je m'interroge aussi sur la façon dont on met en cause des musulmans, ou, par ailleurs, les jeunes des cités, et pas d'autres personnes. La ministre Chantal Jouanno vient de déclarer qu'elle «ne peut porter une jupe dans l'hémicycle sans entendre des propos salaces» et la députée PS Sandrine Mazetier confirme qu'il règne chez les députés «une forme d'infantilisation des femmes (qu'elle) n'avait jamais rencontrée auparavant». La discrimination n'est-elle pas manifeste? Le deux poids, deux mesures, systématique n'est pas supportable.
Et n'est-ce pas une sinistre plaisanterie que ces mêmes députés se gargarisent de la «dignité de la femme» et de «l'égalité des sexes» quand il est question de l'islam. En fait, la droite, quand elle propose des lois ou des mesures qui visent l'islam, n'a que faire de la laïcité ou de l'égalité femme-homme. Elle les instrumentalise totalement. Et la gauche doit être beaucoup plus rigoureuse et exigeante sur ces questions.


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Par Magali Braconnot - Publié dans : Laïcité
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